Band 
Vol. I.
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P L VU.

Gb. 54.

146 G U E R R E D E C É S A R

Après bien des tentatives inutiles pour construire des ponts fur la Segre,il imagina à la fin un expédient qui réussit & qui mit fin à ses embarras.A cinq lieuës de France de Lerida, un peu au-dessus de Balaguer, la Segrecoule entre des montagnes, qui enresierrant ses bords, rendent encore soncours plus rapide, surtout pendant le temps de ses débordemens. Ce fut àcet endroit que César résolut de passer. Comme il étoit assez éloigné du pontde Lerida, il crut pouvoir aisément gagner 1 autre bord de la rivière, avantque Fennemi en fut informe, ôc avant qu’il put, y être assez en force pours’opposer à son passage. Les montagnes favoriíbient encore ses manœu-vres, en lui servant de rideau pour cacher ses préparatifs. Outre cela leshauteurs du bord opposé de la Segre étoient précisément celles où s’étoit can-tonné son grand convoi, qui pouvoit ainsi lui prêter la main dans Inexécutionde son passage, ou du moins occuper les troupes légéres qui observeroientde ce côté les bords de la rivière. (I)

Pour ôter donc à Fennemi tout le soupçon que ce sut dans ces environsqu’il voulut exécuter le passage, il choisit un endroit écarté ôe éloigné deces montagnes, & y fit travailler une partie de ses soldats à une espece depetites barques dont il avoir vû le modèle en Angleterre, lorsqu’il y fit laguerre. La quille, de même que les poutres de travers qui lui étoientjointes, formoient avec les varangues, le squelette de ces petits batimensj elleétoit faite du bois le plus léger qu on pouvoit trouver. Les entredeux enétoient garnis 6c remplis d’une tissure d’ofier vraisemblablement bien poissée,6c le tout recouvert de peaux de bœufs. Le principal mérite en étoit la légèretéextraordinaire qui les rendoit propres à être aisément chariés par tout où onle jugeoit à propos. II faut cependant qu ils ayent été plus grands que nos pon-tons d’aujourd’hui, pareequ’on avoir besoin de plusieurs chariots joints en-semble pour transporter chacune de ces barques. (II)

Qman in his angujliis r es cjjet ; atque ovinesVice ub Afranianis milìtibus cquitibusque objìde -renttlf, nec pontes perjìcipojfcnt ; imperatmili-tibus Cœfar, «r mues faciaut, cujus geueris eutnfiiperioribns einnis ujus Britannia docuerat. Ca-rina primum (ic Jlutumina ex leui mat cria fie-bant; reliquum corpus navium vimìnìbus çon-textum , coriis integebatur.

lias perfeclas carris ianciis devebit nocitimihia pajsuttm a cajlris XXII milites que his na-uibus funnen tranjportat; coutineutemqne rip&collcm , improvisa occupât. liane ce eritef,priusquam ab adverjariis sentiatur , canmimit.Hue legionem poslea tra tjieit , atque ex utï(l~que parte pontcni mjlitutuni bìduo perficit ♦

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