GUERRE DE CÉSAR
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res tirées des légions & placées en arriéré de distance en distance (XI)*Quelque bons que fuíTent ces arrangemens, on sentit bientôt qu’en mainte-nant dé cette maniéré la communication avec le fleuve, on causeroit deSfatigues énormes aux troupes, & qu’on ne laifleroit pas de donner lieu à defâcheux combats, qui pourroient aisément devenir plus sérieux & plus dé-cisifs qu’on n’en avoir envie. Ces considérations firent venir l’idée de faireun retranchement depuis le camp jusqu’à la rive du fleuve; tant pour pro-curer à leurs gens la liberte d’aller en toute fureté à seau, que pour s’épargnerla nécessité d’employer à les protéger une grande partie de l’armée. Cetteligne pouvoir aussi servir à arrêter du moins pour quelque temps la poursuitede cette formidable cavalerie, en cas d’une retraite, à la quelle on ne dou-toitpas, qu’on ne fut bientôt forcé. Afranius &c Petreius partagèrent en-tre eux le détail de cet ouvrage, & s’absenterent du camp, pour veiller cha-cun de son côté à sa prompte exécution.
L’armée de ces Généraux, quoique revenue de la frayeur, dont elle avoirdonné des marques bien certaines le jour précédent, ne laissa pas d’entrevoirle ménagement bien marqué, que César avoit eû à son égard. Rien ne savoirplus frappée que la retraite volontaire de ses légions, à la quelle elle étoit rede-vable de la liberté qu’elle avoit euë de descendre de la montagne, & de s’ou-vrir la communication avec la riviere, fans laquelle il n’auroit pas été possi-ble de rester fur ces lieux. Toute la conduite de César n’avoit alors pour butque de disposer en sa faveur les esprits des soldats ennemis, & de les préparerinsensiblement à écouter ses propositions. Auíli s’étoit-il campé le plusprès qu’il lui avoit été possible du camp de l’ennemi, afin de faciliter auxsoldats des deux armées les moyens de s’entretenir. La plupart de íes offi-ciers instruits de ses vues, concoururent à les seconder, & le départ des deuxGénéraux, occupés à la construction des retranchemens, y fournit soccasioslla plus favorable, en donnant lieu à un événement bien singulier, & dontCésar fait l e r écit d’une maniéré si nette, qu’il seroit inutile de le rapportesa utrement q u’il ne le fait lui même.
Hœc conjìhantibus , eis nunciatur , aquato- incipinnt ; ut intra munitionem Jìne timoré»res ab equitatu premi noflro : qua re cognita , if Jìne ftationibus aquari pojjent .crebras ftationcs dijpomnt e q U itum U cohor- sd opus inter se Petreius atque Afraniidtium Alariarum ; legìonarì as q Ue interjiciunt co- partiuntur: ipfiqne , perficiendi operis caufr»hot tes j vallutnque ex cajìris ai aquam ducere longius progrediuntur t