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Vol. I.
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EN ESPAGNE. Sect. VI.

2.19

samment. C’est ainsi que les deux Scipions lui écrivirent de l’Eípagne, que dans la gran-de neceíîité où ils étoient réduits, ils trouveroient peut-être encore moyen, de donnerla paye aux troupes ; mais quant aux habits & aux grains, qu’il falloit de toute néceíîìté lire ïAveleur en envoyer, íì on ne vouloir pas perdre l’arme'e 6c la province *). Sur une pareille XXI,I ‘plainte du Consul Q. Marcius, pendant la guerre contre le Roi Perse'e, le Sénat char- 48 'gea le Préteur Sulpitius, de s’abonner inceílamment avec des entrepreneurs, pour faireparvenir dans la Macédoine selon la demande du Consul, six mille toges, trente milletuniques, & un certain nombre de chevaux qu’il avoir exigé. On lit dans un au-Tite tive■ ti ‘ e endroit qu’on imposa aux Espagnols vaincus, l’obligation de livrer pour toute l’ár- XXIX ' ?■tuée les toges & les manteaux ou les Sagurns , à l’uíàge du simple soldat. Le Pré-teur Octavius rassembla douze cens toges, & douze mille tuniques dans la province deSardaigne, pour les envoyer à l’armée de Scipion en Afrique. II paroit par ces paflà-8 es > & par bien d’autres qu’il seroit íuperslu de citer, quelle attention les anciens Ro-mains ont eue, pour l’habillement de leurs troupes. Ceux mêmes des Généraux quifous les Empereurs se piquèrent encore de l’ancienne régularité dans le service, ne dé-daignèrent pas, de faire eux mêmes de temps en temps la revue des habits & des armesdes soldats. Avidius Callius fe les falloit montrer ordinairement, de íèpt en íept jours, Vulcatìus& examinoit jusqu’à leurs souliers & à leurs bottes. Ainsi Maximin, étant encore Tri- Gallica ™‘ shun de la légion que l’Empereur Alexandre avoit confiée à ses foins, alloit voir tous les dii Caffìijours, à ce que Jules Capitolin rapporte, les épées, les lances, les cuirasses, les casques, Ck 6.les boucliers, les tuniques & même les chaussures de íès soldats **).

Les principales píeces de l’habillement des soldats Romains, dont les auteurs par-lent, se réduisent, outre lachauílùre, aux tuniques & au manteau ou Sagum, pourle simple soldat: & aux toges pour les officiers.

Les Tuniques militaires, fe distinguoient de celles que tout le monde portoit, ence qu’étant moins longues, elles touchoient à peine les genoux. Elles étoient ferméesen bas, mais l’ouverture en haut étoit fort large, & deícendoit jusqu’au nombril. Onfe fervoit d’agraffes pour les serrer plus ou moins autour du cou , ìelon qu’on en avoitenvie. Elles n’avoient point de manches, si ce n’est pour couvrir un peu le haut desEpaules. Tout l’habit étoit au reste fort ample & flottoit fur le corps. C’est pourquoion avoit la coutume de l’attacher & de le retrousser au deíîùs des hanches, à l’aide d’u-ne ceinture, soit pour faire diligence, soit pour la bonne grâce.

Je ne saurois mieux m’expliquer, qu’en mettant fous les yeux du lecteur une de cesfigures de la colonne Trajane, dans laquelle on voit plusieurs soldats occupés à couperà bois, dans un temps où n’ayant rien à craindre de l’ennemi, ils s’étoient défaits de

) Ptcuniam irt Jlipendium , vestimentaque &sriim.er.tum. exercituí 6 * sueiis navalibus omnia de-e S e > Ç u °d ad flipendium attineat, jl cerarium inopse ll rt , se aliquam rationem imturum, quomodo abHispanìs fumât, ccetera utique ab Rama mit tendu

ej[e, nec aliter aut exerátum aut provinciam ré-tine ri pose.

**) Gladios , lanceas, loricas, gale as, fcutatunicas & omnia arma illorum quotidie circumfpi-cere: calceamenia quin etiam ipfe perjpiciebat.

E e 2 .