2 . 2 . 2 .
GUERRE DE CÉSAR
communément, avoient encore plus de souplessé & moins de poids, que celles, de l’ef-pece dont est ce fragment & qui, bien que le bronze en soit très mince, n’auroientpas laissé de les charger beaucoup.
Pour donner une idée de la cuiraílè, dont les simples soldats des légions étoient 'V. pi. XI. armés, je mettrai fous les yeux du lecteur, les figures de quelques uns de ces légionairesqu’on voit en grande quantité fur les deux colonnes de Trajan & d’Antonin. J’auroispréféré d’appuyer ma description fur des monumens plus anciens encore que ne le fontces deux colonnes; mais il n’en existe aucun qui nous représente aussi bien les ob-jets dans un si grand détail. Les artistes attachés ordinairement aux figures les plus pro-pres à relever leurs tableaux, ne se font pas tant occupé dans les autres monumens, à re-présenter le simple soldat, que l’officier avec sa riche armure. En comparant cependantce qui nous reste des statues, des bas reliefs, des pierres gravées, & des médailles desderniers temps de la République, avec les monumens magnifiques de ces deux Empe-reurs, on remarque que les changemens faits depuis cette époque par rapport aux armes,& aux usages militaires n’ont été ni essentiels, ni assez considérables pour ôter la for-ce aux preuves qu’on en tire.
On y voit d’abord le soldat avec la même demi-cuirasse que Polybe lui donne,pour défendre sa poitrine. Faite également d’un bronze bien mince, comme du métalle plus employé dans les forges des anciens, elle lui couvroit le devant du corps, auífibien que le dos. Comme elle s’ouvroit par des ressorts pour la facilité de l’endofíér,on voit ici fur le devant, & quelquefois fur le dos des agraffes qui n’ont pu servirqu’à l’ajuster. L’ouverture qui embrassé le cou est bien coupée & assez large, pour nepas gêner les mouvemens de la tête & pour laisser encore déborder le haut de la tuni-que. L’autre partie de l’armure destinée à couvrir le ventre, les épaules & le reste ducorps, jusqu’aux hanches étoit un assemblage de bandes de cuir, couvertes chacuned’une lame d’un métal mince & pliable ; &, qui étant attachées ensemble sur le dos parquelque cuir ou par quelque drap, laissoient pendre les bouts, que le soldat joignoit Scserroit sur le devant, avec des boucles qu’on distingue fort bien dans la figure. Il estV. PI. XI. c l a ; r qu e ces bandes n’étoient pas jointes ensemble, fur le devant, par ce qu’on voit laceinture, qui lui servoit à ceindre sa tunique, sortir quelquefois d’entre ces bandes quicouvrent le ventre. Le corps ferré de cette maniéré jusques pardessus la demi - cuirassé,il y avoir quatre de ces courroyes à chaque épaule, qui lui fervoient d’épauliéres, & quien passant par dessus, s’attachoient des deux côtés par leurs bouts moyennant des bou-tonnières à la premiere bande d’en haut qui terroir le bas de la demi- cuirassé. De cettemaniéré tout tenoit ensemble, & le soldat n’étoit pas seulement couvert sur tout st>acorps, mais il coníèrvoit encore toute la liberté dans ses mouvemens. On les vostainsi dans ces mêmes colonnes, travailler aux retranchentens, lever & porter de grand 5fardeaux, & se prêter à toutes fortes de corvées, avec autant de facilité, que s’^*n etoient pas cuirassés-