Band 
Vol. I.
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EN ESPAGNE.

Sect. VI*

Lir

nutiiis & d’autres en ont écrit plus q-u’il n’en faut, fans qu’on puiíse au travers de leurscontradictions se faire une idée nette de cette partie des antiquités Romaines.

C’est par dessus la tunique que le soldat Romain endoílòit la cuirasse. Celles quePolybe décrit, étoient de deux efpeces différentes; Pune que portoient ceux dont lesfacultés ne passoient pas les dix mille drachmes, n’étoit proprement, qu’une plaquemince de bronze, large de neuf de nos pouces un peu convexe, avec laquelle enaffermissant par des attaches fur le dos & fur les épaules ils sc couvroient la poitrine.Ce sent ces plaftrons, qu’on voit quelquefois dans les anciennes statues, & que Polyenappelle ou demi- cuiraíses, dont il dit d Alexandre qu il en avoit donné a quel-

ques uns de ses seldats, pour les forcer a ne pas montrer le dos a 1 ennemi. L autreque portoient les riches, étoit une armure complété, qui couvroit tout le corps jusqu’àla ceinture. C'expression grecque d’-à^-r qui signifie fait de chaînettes ou de petitsanneaux, indique assez la maniéré dont on les fabriquoit. Les côtes de maille dessiécles précédens, étoient ces cuirasses, qu’on appella W»™*, & dont l’ufage étoit demême auíïï connu que fréquent chez les anciens.

II est remarquable que cette différence entre les armures, ainsi que Polybe 1 ex-plique, subsista jusqu’à la derniere époque de la légion. Mais, comme elle avoit étéautrefois établie pour marquer la condition des légionaires, selon les classes dans lesquel-les ils étoient repartis ; elle servit depuis le tems qu’ils furent tous fur le même pied, àdistinguer les vétérans, les Port-Enseignes, les centurions «St généralement tous les offi-ciers de l’armée, du gros des légionaires auxquels on avoit donné des armures unifor-mes. Cette observation est appuyée sur le témoignage de plusieurs monumens de cetemps, des colonnes de Trajan, & de Marc Aurele, de l’arc deSevere, & d’autres.

Les cuiraíses des officiers étoient la plupart d une piece, de 1 eípece de celles que lesGrecs appellerent «roi des cuirasses qui restoient de bout, lorsqu’on les posoit a

terre. On en voit en très grande quantité dans les trophées & dans les figures & lessiatues des Empereurs & des officiers de marque; ils les avoient ordinairement riche-ment ornées & rélevées par l’élegance des baudriers & des ceintures. Les figures deCésar & d’Auguste, tirées Pune du cabinet du Roi de Prusse & l’autre des antiquitésexpliquées de Montfaucon & mises ici au frontispice du premier &c du second Tome demon ouvrage, en donneront une idée.

Comme les armures d’une seule piece auroient considérablement géné le corps;etant faites d’une matière aussi roide que le scr & le bronze, les ouvriers de ces tempsRappliquèrent à l’art d’en faire de linge, de cuir, de laine & de maille pour pouvoir join-dre à leur solidité, toute la souplesse & toute la légéieté possible.

H y e n avoit aussi qui étoient composées de plus d’une piece «St qui sc détachoientpar parties. p a ; àé du recueil des antiquités du Comte de Caylus un fragment decuirasse d’un bronze bien mince & bien leger, qui devoir servir à défendre le ventre,êc qu’on joignoit avec des anneaux, dont quelques uns tiennent encore à la partie quicouvroit la poitrine. II paroi t cependant que les cuiraíses, que les légionaires portoient

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Juste LipseJtib. III.Dial. 6.

Tom. V.

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