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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

L2.4

Les sagums des officiers se distinguoient de ceux des simples soldats, autant parleur longueur que par la qualité' du drap qu’on y employois. Comme ils resiembloientbeaucoup aux toges; ils portoient aussi quelquefois ce nom; & Tite Live, en parlantdes habits envoyés à Tannée, fait ordinairement le dénombrement des toges pour lesofficiers, en moindre nombre que des autres vêtemens. On peut au reste aisément distin-guer, parmi les figures de la colonne Trajane, les officiers des simples soldats, en fai-sant attention à la longueur de leurs manteaux. Tite Live dit que le Tribun des fol-tib. Vit. ^ ats p. Decius, s’étant proposé de reconnoître la position des ennemis, avec uneCh * 34 ' troupe de ses officiers, & craignant que ceux-ci, en la voyant ensemble, n’en soupçon-nassent Tobjet, se couvrit lui même Lc, tous ses officiers des sagums de simples soldats,& évita de cette maniéré d’être découvert *).

Le Paludamentum étoit Tfiabit militaire dont se pâroit l’Empereur, & du tempsde la République, les Généraux, lorsqu’ils sortoient de la ville pour prendre le com-mandement des armées; ils le quittoient ordinairement, avant d’y rentrer. C’étoitun manteau de couleur de pourpre, qui leur descendoit jusqu’aux pieds, & qu’ils por-toient par dessus la cuirastè, comme on le volt par des statues & par un grand nom-bre d’autres monumens de Tantiquité.

Il n’est pas aile de déterminer la couleur des tuniques & des manteaux des soldats.II est vraisemblable qu’ils étoient blancs comme ceux des autres citoyens, ou commele vêtement du soldat Grec : Pollux dit qu’il étoit de cette couleur, & qu’on obser-voit parmi les soldats de la même légion, Tuniformité dans les vêtemens, comme dansles casques, les boucliers & les cuirasses.

La chaussure du soldat Romain mérite encore notre attention. Nous ne lui vo-yons qu’une simple semelle au dessous de la plante du pied, liée fur le haut avecdes courroyes, qui passent ensuite a quatre tours au dessus de la cheville, de for-te que le pied reste presque entierement à nû. C’est par cette chaussure militaire, nom-mée Caliga , que nous désignons quelquefois nos bottes qui ne lui ressemblent pour-tant pas. Elle étoit particulièrement destinée au simple soldat; de sorte que pourindiquer la fortune d’un officier qui avoit passé par tous les grades, on diíoit qu’il yétoit monté depuis la sandale. Seneque parle ainsi de Télevation de Marius: ad con-sulatum a caliga perduclus. II faut au reste que ces femelles ayent été d’un cuir trèsgros & très fort, pour avoir pu souffrir l’insertion d’un grand nombre de petits clous,dont les têtes qui étoient en bas, armoient le dessous. Les légionaires marchoient aveccette chaussure d’un pas assuré, & passoient par les chemins les plus difficiles & les plusrabotteux. Ouïes voit tous chaussés de la même façon dans les deux colonnes deTrajan&d’Antonin, dans Tare de Severe & dans plusieurs autres monumens. Les officiers d®marque, en portoient aussi dans le même goût; oh n’y remarque que plus d’elégance,& des courroyes mieux façonnées, qui au lieu de ne passer que la che ville, montoie ^

*) Hcec omnìa saguLo gregali amtcius, centurioniòus item maiúpularium mihtum habttu duâis, ntducem circumire hostes notarent, perlufiravit.