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»i. xrir.
N». 6.
LZ4 GUERRE DE CÉSAR
en être battue 6c mise en fuite. On n’osoit pas même en mêler avec l’arrie-regarde, de peur que rejettée d’abord dans la premiere mêlée fur les cohor-tes , elle n’y causat du désordre. II fallut donc la faire marcher à f écartentre les légions, &c s’il y en eut qui se hazardât hors de la colonne, cefut autant de pris par l’ennemi. >
Quelques peines que les Généraux de Pompée fe donnassent auílì pouraccélérer leur marche, la nécessité de s’arrêter si souvent, fut cause, qu’ilsn’avancerent que très lentement. Ils avoient été déja près de quatre heuresen chemin, avant de Rapprocher de cette grande montagne, où ils avoientpris leur camp le jour du départ de Lerida, près du village de Carusamada,quoiqu’elle ne fut éloignée que d’environ quatre mille pas de l’endroitd’où ils étoient partis (II). La plaine qui se trouve au haut de cette monta-gne, plus large & plus unie que toutes celles qu’ils avoient passées, leur don-na pour lors des nouveaux sujets d’inquiétude. II arriva que les légions deCésar, qui jusqu à présent n’avoient que côtoyé leur marche dans la plaine,furent dans la nécessité de changer de route, de monter elles mêmes cet-te montagne, & de suivre la cavalerie, vû que le terrain se rétrécissantdans cet endroit entre la riviere <Sc le coteau, ne leur auroit plus donné pas-sage, ni permis de côtoyer fans de grandes difficultés (III). On ne pou-voit donc plus se flatter d’écarter la cavalerie, en la chargeant comme aupa-ravant par toutes les cohortes, fans courir risque d’engager une affaire générale?dont Afranius redoutoit les fuites, 6c que la présence de toute l’infanterie deCésar auroit rendu inévitable. En attendant, la cavalerie de César flere dusoutien de ses légions, redoubla ses efforts, 6c ferra fl fortement l’arriere-garde que les deux Généraux defeíperant de pouvoir continuer leur marche,prirent le parti de faire alte avec toute l’armée. Us voulurent pourtant fai-re croire que c'étoit à dessein qu’ ils s’arrêtoient 6c qu’ils avoient choisi ex-près ce terrain, pour y asseoir leur camp. Les cohortes de l’arrieregarderesterent en bataille pour tenir la cavalerie en respect:, 6c le reste de l’arméeíè mit à travailler de toutes fes forces aux retranchemens du camp. Elle rfifit cependant qu’ébaucher la feule ligne qui faisoit face à l’ennemi, 6c la pro-longea à travers la plaine aussi soin qu’il fut possible, vraisemblablementdans le dessein de s’en faire une barrière contre la poursuite de la cavalerie*Au reste on ne fit ni décharger les bagages, ni dresser les tentes.