GUERRE DE CÉSAR
que jamais dans des grands embarras, surtout en descendant encore la mon-tagne, lorsque la tête & le gros de l’armée surent engagés fur la pente, l eSdernieres cohortes se virent obligées de soutenir tout l’effort de l’ennenu*La perte qu'on essuya dans cette occasion, fut considérable, & il parut quela ruse dont on s’étoit avisé pour faciliter la retraite, n’avoit servi qu’à don**ner le temps à l’infanterie de s’approcher de plus près, & d’augmenter pafle soutien qu’elle fut à portée de donner à la cavalerie, l’acharnement &l’opiniâtreté de ses attaques.
Au bas de cette montagne s’élargit le terrain du côté de Lerida, & s’ou-vre une petite plaine entre la riviere & une autre montagne, la même où Cé-sar avoir été campé le premier jour de son passage de la Segre aux environsd’Alfes. Le dessein de l’ennemi étoit de continuer fa retraite fur là granderoute, qui en paffimt par cette plaine l’auroit mené droit au pont de pierrequ’il y avoir fur la Segre. Mais à peine la plus grande partie de farinée s’éloi-gnoit-elle dans la plaine du pied du còteau, qu’il reconnut avec frayeur le dan-ger éminent auquel il seroit exposé en y continuant sa marche. Les combatsqui se livroient à Parrieregardé devinrent de moment à autre plus serieux &de plus grande conséquence. II ne s’en fallût pas même de beaucoup unefois, que toutes les cohortes qui la formoient, ne tournassent le dos, & n’en-trainassent la déroute & le désordre de toute l’armée. Plusieurs soldats &quelques officiers avoient été déja mis fur le carreau. Mais ce qui donna leplus de frayeur, ce fut principalement l’aípect de toute l’infanterie de César?qui en suivant la cavalerie de près fembloit en descendant de la montagnemenacer déja de loin, qu’elle ne se hâtoit que pour prendre part au combat& pour joindre son ennemi au plutôt.
Poussés alors par leur mauvaise destinée, les Généraux de Pompée pri-rent le parti de quitter la plaine & d’engager l’armée dans ce terrain difficileLc montagneux qu’ils avoient à leur droite, comptant se soustraire par $aux insultes de la cavalerie, & à la nécessité de combattre. Mais n’ayant pa seû le temps de reconnoître le terrain, & marchant ainsi au hazard, ils se vi-
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