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Vol. I.
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EN ESPAGNE. Sect. VIE 245

vûs dans la nécessité de mettre presque toute leur armée en mouvement.Cependant cette circonstance leur íìt naître l’idée de tenter le passage de lariviere, 6c de te tirer ainst de ces lieux. La Segre n’a nulle part des guésplus commodes, ni plus sûrs que dans ces environs, surtout lorsque les eauxfont écoulées, comme elles letoient pour lors; mais pour leur malheur, ilsn ’en étoient pas aster bien instruits pour n avoir pas besoin de s’en assurerpar la sonde- Cette démarche trahit leur dessein, 6c en rendit l’executionitnpratiquable ; parce que dès le moment que César en eût connoissan-ce, il ne renforça pas seulement tous les postes établis déja en deça de la ri-viere, mais il la fit aussi passer fur le champ à une grande partie de fa ca-valerie, & à un corps d’infanterie légere d’Allemands, pour se poster surle bord opposé, desorte qu’il leur ôta toute l'espérance d’exécuter cette en-treprise.

Après tant de tentatives inutiles, il ne resta plus aucune ressource auxGénéraux de Pompée: la communication avec la rivière étant entierement Cl>. 84-coupee, le soldat qui se trouvoit sur un terrain aride, où on ne décou-vroitpas la moindre source d’eau, en manqua entierement, 6c souffrit im-patiemment la soif. Les troupes étoient fans fourage 6c fans bois, 6c lesvivres dont elles s’étoient chargées, en partant de Lerida, tiroient égalementà leur fin. Ils auroient peut-être pû tenter encore quelque coup de déses-poir, mais il paroit bien, que les troupes avoient perdu courage, 6c que ladisposition des esprits que la politique de César sut ménager, quoiqu’il n’endise rien dans ses commentaires, contribua aussi à accélérer la capitulation.

Privés ainsi de toute espérance, 6c ayant déja lutté pendant quatre jourscontre tous les besoins. „Les Généraux de Pompée furent contraints à la3,fin d’en venir au point, où Céíar avoit résolu, de les mener- Ce fut le 9- de,,Iuin, jour dont la mémoire nous est conservée dans les Fastes, qu’ils fi-jjrent demander une entrevue, 6c cela s’il étoit possible, dans un endroitj,qui fut hors de la portée des soldats. César consentit à f entrevue, mais„non avec la circonstance qu’ils souhaitoient. Ils se soumirent à tout, 6c,,Afranius ayant donné son fils en otage, ils se rendirent au lieu marqué par„le vainqueur. La conversation se passa à la tête des deux armées qui,,purent entendre tout ce qui fut dit de part 6c d’autre. Afranius prit la„parole en dis ant; qu’on ne devoit pas trouver mauvais, que lui 6c ses>,troupes eufíènt voulu demeurer fideles à Pompée leur Général, qu’ ils

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