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Vol. II.
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2.94 MÉMOIRES SUR V A R M Ê E

réunissant toutes fous íes enseignes, forma la plus redoutable armée, quela République ait jamais eû fur pied. Comme l’histoire de ces légions estétroitement liée aux événemens de la guerre civile, dont j’ai pris à tâche defaire l’exposé, j 5 ai crû qu’il valoit la peine de s’y arrêter & de l’éclaircir au-tant qu’il est possible. César nomme les légions en différens endroits de sescommentaires fans avoir l’intention de nous en instruire formellement. Sescontemporains distinguoient fans peine ces corps de troupes qu’ils avoientfous leurs yeux; mais nous ne nous rapprochons de ces mêmes connoissan-ces qui répandent tant de jour fur l’histoire qu a force de recherches & decombinaisons.

Polybe

Liv. II. eh24 -

Tite LiveI. XXIX,ch. 24.

Idem Liv.XII. ch. 51,

NOTES et OBSERVATIONS.SECTION I.

(I.) pag.

V arron a eû fans doute de bons garans, lorsqu’il dit que Romulus forma la premiè-re légion de trois mille hommes, en clioíissant mille hommes de chaque tribu.H est aussi possible que le Roi Servi us, ayant ajouté une quatrième tribu, ait poussé lalégion jusqu’à quatre mille. Mais il importe peu de chercher l’origine des établissemensmilitaires des Romains dans l’histoire incertaine des premiers siécles. Ce peuple par-vînt par degré à ce point de perfection dans Tare militaire, en adoptant successivementtout ce qui lui parut bon & utile chez les nations étrangères. C’est ainsi qu’on le vitd’une ouerre à l’autre, ou mieux.armé ou plus circonspect, ou rangé d’une maniéréplus avantageuse. Le tableau que nous présente Polybe de la forme des armées, des, !saapî militaires & de la tactique des Romains n’est donc proprement que le résultat

. b imaginés par leurs anciens Généraux & l’effet des différens chau-de tous ces ratinemens imagines p-u ìcuia -- , _ , . . , . ...

gemens qu’on a jugé à propos de faire. Du temps de Polybe une légion etoit ordinaire-ment de quatre mille deux cens hommes, qu’on augmentoit pourtant si les circonstan-ces l’exigeoîent. Les légions étoient ainsi de cinq mille deux cens hommes, dans la, Etre contre les Gaulois qui précéda celle d’Annibal; elles furent de six mille hommesfous Scipion en Afrique, comme celles qu’on employa contre Perfée en Macédoine.On observe la même variété par rapport à la force des légions & avant & après letemps de Marins, de sorte que Juste Lipse a eû raison de ne pas ajouter foi au té-moignage deFestus qui prétend que Marins fut le premier, qui fixa le nombre d’hommesdans les légions, à six mille deux cens. Dans la guerre contre Sylla les cohortes que les

Afiam, Pompejus Hispauiam, tres maximes excrcitus ; 15' jam fie orbis imperium J'ocietate trìimpríucipum occupatur.