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Vol. II.
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DE CÉSAR

Sect. J.

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partisans du même Marius avoient levées , n’étoient que de cinq cens hommes, & parconséquent les légions seulement de cinq mille. Celles de César n’étoient pas non plusd’une force égale. Les vieilles légions étoient rarement complétés. Comme il dit luimême qu’il fit passer la treizième légion en Italie & quePlutarque & Appien assurent qu’ilcommença la guerre avec cinq mille hommes, on en a inféré que toutes ses légionsn’excédoient pas ce nombre. Cet argument est auffi peu concluant que celui qu’on tired’un passage de César dans lequel il évalue les onze légions de Pompée, à cinquante cinqmille hommes, vû que le chiffre qui y exprime ce nombre, diffère presque dans tousles manuscrits. Je crois que du temps de César une légion complété étoit de six millehommes, mais qu’il y en eût peu auxquelles les guerres continuelles permirent derester longtemps dans cet état. Cicéron mena deux légions dans la Cilicie ; elles con-sistoient selon Plutarque en douze mille hommes, & comme Antoine forma après la mortde César fa garde Prétorienne, il choisit parmi les vétérans & les centurions, jusqu’aunombre de six mille hommes pour en former une légion. Lorsqu’après la bataille dePhilippes, les Triumvirs se virent dans la nécessité de donner les récompenses promisesà leurs troupes, vingt & huit légions y prétendirent. Antoine lui même fait monterle nombre dìiommes de ces vingt & huit légions à cent soixante dix mille. II est clairqu’il fait ce calcul non selon l’état des légions tel qu’il étoit alors, parce qu’ellesétoient toutes très affoiblies par la guerre qu’on venoit de finir, mais qu’il réduit tou-te la masse des soldats qui lui étoient restés après la victoire, au nombre des légionscomplétés, de maniéré qu’en comptant tous ses soldats effectifs, il n’en auroit formé quevingt & huit légions complétés, au lieu de quarante trois que les triumvirs avoient euesau commencement de la guerre. Tel est le véritable sens dû pasiàge auquel on n’a pasfait attention, & qui prouve que pour lors on fixa le nombre de six mille combattanspour former une légion complété. Parceque vingt & huit légions, chacune de sixmille hommes donnent à deux mille hommes près, le nombre de cent soixante dix mille,qu’Antoine détermine.

Appien dela guerre ci-vile I. pag.400

Cc'ser de laguerre civi-le I. p. x J.

Apple» dela guerreciv. IL pag.

447 -

César de laguerre Civ.L. III. ch.94 -

Liv.V. epist.1 5. ad At-ticum.

Appien G.C. III. pag.529.

Appien GC.V,p.ó 74 .

(II.) pag. r 9 z.

Syïïa établit le premier des colonies militaires ert Italie en chaíïant les anciens ha- Sîgonms <íebitans des villes, pour donner leurs biens & leurs possessions aux soldats de ses légions, àqu»lu-11 donna de cette maniéré le premier exemple' d’une violence inouie dans les siécles paf- j, m *j|ap.sés, & qui ne fut que trop souvent imité dans la fuite. Sa conduite étoit autant l’ef- *4.set de fa politique que de fa cruauté. Comme il lui importoit de maintenir les chan-gemens qu’il avoit introduits dans la République, & de procurer un appui à son parti,qui quoique supérieur dans le moment, eut toujours à redouter les ressentimens & lesressources de la faction contraire, il crut que le moyen le plus propre â ses vuè's, étoitde conserver aux dépens de ses ennemis, les mêmes instrumens formidables dont il s’étoitservi pour les abattre. Ainsi toutes ces légions répandues en Italie en guise de co-lons, formoient une milice toujours prête à reprendre les armes en faveur de leur bien-