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Vol. II.
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x 9 6 MÉMOIRES sur v ar m é e

faiteur. Au commencement cette politique re'uffit aílèz, & lorsque Lepidus après la mortde Sylla s’éleva contre ces arrangemens & contre le Sénat qui les íoutenoit, celui-citrouva encore dans rattachement de ces colonies militaires tout le secours néceílàirepour combattre cet ennemi, & pour renverser ses projets. Mais ces avantages furentbien momentanés, Sylla jetta en même temps les semences de tous les désordres desguerres civiles qui ruinèrent dans la fuite la liberté & la République. Bientôt ces colonsconfondirent les intérêts de ceux dont ils avoient été les défenseurs, & Pompée seflatta envain dë n’avoir qu’à donner du pied contre la terre pour faire sortir de nouvel-les légions du fond de l’Italie. Célar qui soutenoit la faction contraire de Mari us, trou-va autant de facilité que lui à s’attacher les fils de ces Usurpateurs , & les récompensesqu’il leur promit, effacèrent fans peine le souvenir de celles que leurs peres avoientobtenues de Sylla. Depuis la mort de ce Dictateur jusqu’au premier consulat de Cé-sar, il s’écoula vingt ans, & pendant cet intervalle il n’y eut aucune révolution enItalie, excepté les troubles de Lepidus & de Catilina, qui étoient de peu de consé-quence. J’ai fait cette note dans le dessein de faire voir les ressources que les chefs departi avoient pour faire des levées en Italie, & la disposition des esprits de ses habitai»dans le temps que César conçut le projet d’exciter la guerre civile.

Dion Cas-sius Liv.XXXVIII.8- Appiení. Civ. II.

Sueton Cé-sar. C. 21 .Plutarquedans les viesde César Scde Pompée.

PlutarqueCacon d’U-tique.

De bell.Gal.L.VIlI.ch. 8-

Salust. [Ca-

tilinach. 5 7*

Dion Cafl.XXXIII.39 -

SECTION II.

L orsque César sut déclaré par un decret du peuple, Gouverneur de laGaule Cisalpine, il obtint en même temps le commandement des troislégions qui y étoient en quartier. Le Sénat y en ajouta une autre qui setrouva dans la Gaule Narbonnoise, dont le gouvernement étant souventannexé à celui de la Gaule Cisalpine, lui fut en mème temps conféré. Ca-ron connoiíTant l’importance de cette Province s’écria alors envain, que lesRomains plaçoient dans la citadelle le tyran qui fondroit fur eux, lorsqu’ilen auroit envie (I).

Les quatre légions que César trouva dans la province, étoient de vieil-les trôupes qui jouissoient déjà d’une grande réputation, comme il l’avouelui même. Hirtius les appelle veterrimas legiones , de très vieilles légions ,& on ne sauroit douter, que ce ne fussent les mêmes légions avec lesquel-les, Metellus Celer barra cinq ans auparavant le passage des Alpes aux trou-pes de Catilina qui s’étoit proposé de percer dans la Gaule. Le même Hirtiusnomme ces légions la septieme, la huitième, la neuvieme, de même que Cé-sar dans son récit de la bataille contre les Nerviens. Nous verrons dans la

fuite