3 o 6 MÉMOIRES SUR L' A R M Ê E
idemibid. de recrues, dont il faiíoit passer de temps en temps des transports consi-L.vii ch. dérables à l’arméedc non content des chevaux que la Province &. les alliésid.ieUG. étoient obligés de lui fournir, il en achetoit à ses propres frais en Espagnet Vll'à & en Italie, pour remonter toujours fa cavalerie.
' Non obstant toutes ces précautions ses légions étoient la plupart duidem ibidem temps incomplètes. Dans la guerre des Gaules il fe trouva une fois à lai.V-49- t éte de deux légions qui formòient à peine sept mille hommes, & cellescétdeiaG ^n'il Avoit à la bataille de Pharsale étoient presque toutes foibles & fon-ch. 106? dues jusqu’à la moitié. On ne fauroit douter que l’extrême célérité que Césarmit dans ses marches & dans toutes ses opérations, n’ait entraîné bien des in-convéniens, & couté beaucoup de monde. Elle l’empécha souvent defaire tous les préparatifs nécessaires à ses expéditions. II falloit quelquefoiss’arrêter pour attendre ses renforts, mais il aimoit mieux combattre avecmoins de troupes, que perdre du temps. II s’avançoit toujours hardi-ment avec la tête de son armée & étonnoit l’ennemi qui jugeant d’aprèscela de ses forces, lui en supposoit plus qu’il n'en avoit en effet. Le début dela guerre civile par le passage du Rubicon & la maniéré dont il ouvrit sescampagnes en Epire & en Afrique en fournissent des exemples frappans.Cependant le succès justifia toujours fa conduite.
Outre cette infanterie légionaire & cette cavalerie Gauloise, Allemande& Espagnole, dont nous avons parlé, César employa encore un nombreconsidérable de troupes Iégeres à pied & à cheval. On avoit dans chaquelégion du temps de l’ancienne milice Romaine, dix manipules ou com-Seheiîus, pagnies d’infanterie légere, connues fous le nom latin de Vdites. Cepen-■owinHy- dant il est certain que déjà de son temps, la distinction entre les soldatsg^um p.g. à la même légion, étoit abolie. Elle n'étoit composée pour lors que d’unefeule espece de légionaires, armés tous également du bouclier, du casque,du Pilum, & de l’epée, & tous entretenus íur le même pied.
De tous les peuples de ce temps les Romains surent les íeuls, qui trou-vèrent & plus sure & plus honorable la maniéré de se battre de près ôc à l’ar-me blanche. Les autres nations mettqient encore pour la plupart leur con-fiance dans les armes de jet, & fe distinguoient les unes des autres par lesdifférentes especes de fléchés, de dards & de traits, dont elles faisoient usage.Presque dans tous les combats la supériorité des armes décidoit la victoire enfaveur des Romains. II n'y eut que quelques occasions, ou empêchés par