3 i 4 MÉMOIRES SUR V ARMÉE
en vingt-trois légions dont la premiere en ordre, étoit alors la septième,& la derniere, la trentième.
Ce grand homme avoit la coutume de donner les employs les plushonorables dans ces nouvelles légions, aux Vétérans d’une vertu reconnue,à titre de récompense de leurs services, & d’avancer aux grades supérieurs lesCéf.deiaG. officiers subalternes de ses vieilles bandes, en les mettant à la tête des Cen-Lí.ch4" turies 8 c des cohortes. C’etoit fans doute d’excellens maîtres, fous les yeuxg.Cìv. m desquels les jeunes soldats se formoient aisément. Non obstant ces avantagesas. César a plus d’une fois désiré en eux la fermeté & l’expérience de ses vieillesg. d’Afri- troupes, dont il se plait même à citer plusieurs exemples. Mais les guerresgue31-45. continuelles auxquelles ces nouvelles légions eurent part dans la fuite, leurfournissant assez d’occasion de s’aguerrir, elles devinrent en peu de tempsauffi redoutables que le reste des troupes de César, & ne concoururent pas moinsaprès fa mort à la ruine totale de la République, & aux récompenses queles usurpateurs se virent obligés d’accorder à leurs funestes services.
César n’osa cependant pas réunir en un seul corps toutes ces nouvellestroupes. Leur fidélité n’étoit pas encore à l’épreuve des voyes de séduc-tion si communes dans les guerres civiles ; & l’intérêt de la patrie étoit unprétexte trop spécieux pour ne pas faire quelque impression fur une jeu-nesse élevée en Italie, & nourrie encore dans le respect: pour le Sénat 8cpour Pompée, qui passoit pour en être le soutien. C’est pourquoi à me-sure qu’on forma ces légions on les fit partir pour les Provinces, où on lesDe]aguerre joignit en petit nombre aux vieilles légions. La vingt & unieme, la vingt-Aiexandri- huitième 8c la trentième furent envoyées en Espagne, 8c réparties dansidem S3 ji la Tarraconoise & dans la Bétique. Cornificius en eut deux dans l’Illirie,Céf.deiaG 6c deux autres dont étoit la vingt-septième, accompagnèrent César dans lacìv. l. m guerre d’Epire, où elles furent présentes à la bataille de Pharsale.ch ’ 34 ‘ Après la retraite de Pompée, César résolut de lui enlever 1 Espagne au lieu
de le poursuivre en Epire, où faute de vaisseaux, il auroit été difficile de fairepasser les troupes. Se voyant donc à la tête d’une armée nombreuse, il étoiten état de suivre son plan, 8c de laisser encore assez de troupes en Italie pourDionCaffius la mettre à l’abri des entreprises que l’ennemi pouvoit tenter en son absence.xn.18. ]yj arc Antoine fut chargé de les y commander, & eut ordre ainsi que Dola-Appíen G. bella, 8c Hortcníìus de préparer la flotte dont il avoit besoin pour porter lap. 4 s 3. guerre en Grèce, à ion retour de l’Espagne. Ayant de même pourvu à la