Zi6 MÉMOIRES SUR V ARMÉE
où la République avoir entretenu des légions dès le temps qu’elle fut réduiteCesG.Cív. en forme de province (VII). Cependant lorsqu’Atius Varus s’en emparaL eh " 31 ' au commencement de ces troubles, il n’y avoir point de troupes, & il futobligé d’en lever pour s’y maintenir. II falloit donc que Pompée les eut re-tirées de la province, & en effet il n’est pas douteux que ce fut par leslégions d’Afrique qu'il renforça l’armée de ses Lieutenans en Espagne,Dion Cas- comme César le lui reproche. Dion Cassius donne assez à entendre quexxxix. Pompée eut la politique d’amasser beaucoup de recrues en Italie fous pre-th. §z. & t exte de les envoyer en Espagne, mais qu’en effet il les garda en Italie, pour&î9 ‘ les avoir fous fa main Sc pour s’en former promptement une armée en casde besoin. La légion composée de pareilles recrues Sc prêtée à Céíar, &toutes ces cohortes éparpillées en Italie fans être réunies fous les aigles des lé-gions, en fournissent des preuves plus que suffisantes (VIII).
Quoique ces fíx légions fussent de bonnes Sc de vieilles troupes, que desGénéraux habiles Sc expérimentés commandoient, on prévoyoit cependantqu’elles ne tiendroient pas longtemps contre toutes les forces des Gaules,dont César pouvoir les accabler. Ce grand Capitaine n’employa pourtantà cette expédition qu’une petite partie de son infanterie en íe réglant, euégard au nombre des légions qu’il fit passer en Espagne, sur les forces deVoyez mes Rennemi. La feule supériorité qu’il jugea à propos de se procurer, coníistaGu«. d'Es- dans sa bonne cavalerie dont il sut tirer tant de parti, qu’il décida bientôt lap a e nc - guerre à son avantage. Au bout de quarante jours, c’est à dire depuis le mo-c*f. g. Qr ment qu’il vint diriger en personne les opérations, il força les légions à mettreir JI ' bas les armes, Sc à lui céder la possession de l’Efpagne.
Dans le récit qu’il fait lui même de la guerre d’Espagne, il ne nomme'leslégions de l’ennemi que par les noms de leurs chefs. Mais c’est après lesavoir contraintes de se rendre, & après les avoir congédiées, que nous vo-yons reparoître leurs véritables noms dans ceux des légions qui les rempla-cèrent. Car dès que César se vit maître de toute l’Eipagne il ne songea, se-lon fa maxime, qu’aux moyens de renforcer son armée, Sc de rétablir les lé-Ces G Cív gions qu’il venoit de licentier. 11 auroit été le maître de garder à son servi-i. « ce ce S cinq légions de Pompée, mais n’osant pas se fier à des troupes dontRattachement au parti Républicain étoit connu, il se fit un mérite de lesrenvoyer, en leur accordant un congé abíolû, ce que le soldat Romain re-gardoit dans certaines circonstances, comme une faveur extraordinaire. Ce