Band 
Vol. II.
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zi6 MÉMOIRES SUR V A R M É E

XVI. ajsibus permutari, Quinarium oâonis , festertium quaternis. Ita Respp. di-rnidium lucrata est. In militari tamen stipendie) feniper Denarius pro decem ajjibusdatus. Cette explication est fondée principalement sur le te'moignage de Polybe, quivivoit peu de temps après ce changement de monnoye, & qui ne put íè tromper fur unobjet austi connu, que festoie la paye journalière du soldat. II dit donc en termesclairs que le soldat Romain recevoit deux oboles par jour. On fait que deux obolesfont le tiers d’une drachme, & que la drachme grecque de íìx oboles à quelque petitedifférence pr es, eft.constamment évaluée auDenarius, ou au denier d’argent des Romains.11 est étonnant qu’on ait pu se refuser à tant d’evidence, & prodiguer tant d’éruditionpour soutenir des opinions contraires. Cette paye d’un tiers de denier, ou de cinqas par jour resta invariable jusqu’aux temps de Jules César, si on la doubla en certainesoccasions, ce ne fut jamais à titre de solde, mais de gratification, qui ne donna aucundroit au reste de l’armée. Lorsque César doubla donc cette paye pour toujours, &pour toute farinée, le soldat reçut par jour dix as, & le denier étant évalué à seize as,comme il l’étoit pour lors, il eut ainsi deux cens vingt huit deniers par an. Comme onfait que vingt cinq de ces deniers font le denier d’or, ou ì'Aureusàes anciens, cette payemonta par an à neuf deniers d’or. II ne reste donc plus de difficulté dans ce passageSu«. De- de Suetone où il dit que Domitien ajouta à la paye annuelle du soldat, trois autres de-minench.7. n j ers d’or. Addidit & quartum stipendium rmhti aureos ternos. De cette maniéré lapaye journalière du soldat revint à douze juíqu’à treize as, tandis que depuis Jules Césarjusqu’à Domitien elle n’excéda jamais les dix as par jour. Les légions dePannonie s’étantrévoltées fous Tibere, les soldats se plaignirent amèrement d’être obligé de sacrifier leur« vie & leur santé pour lá paye modique de dix as, & demanderent qu’on leur donnât

au moins un denier entier ou seize as par jour, d'autant plus que ceux de la gardePrétorienne en avoient deux. C’est cet endroit de Tacite qui éclaircit si bien cette ma-Annal. L. I. tiere, & fur lequel Gronovius & Schelius ont insisté le plus pour combattre les erreursc ' 17 ' des autres savans fur cet objet.

(VI) pag. 323.

De re me- Ce font les médailles consulaires & surtout les mieux conservées, qui nous don-dic» V. ch. nent pidee du véritable poids de f ancien argent. Cornélius Cellùs & Pline disent qu’onX Nat 33 f ra Ppa sept deniers d’une once d’argent, de forte que félon Pline quatre vingt quatre pe-ch, 19. soient une livre Romaine. Comme nous trouvons que huit de ces deniers font à peuprès une once; nous jugeons par cette disterence du véritable rapport de notre livre àcelle des Romains. On fit sous les Empereurs des changemens considérables à la mon-noye tant à f égard du poids, qu’à f égard du titre; & du temps de Pline on frappoit déjahuit deniers d’une once, & quatre vingt seize d’une Livre. Faute d’y faire attention ons’est laissé induire en erreur. En prenant donc le denier parmi ceux dont Pline dit que septfaisoient la livre Romaine, & telles sont les bonnes médailles consulaires, on trouve-ra qu’il pèse selon nôtre poids a une tres petite disterence près, un quart de lot,

ou