DE CÉSAR. Sect. V. 3*7
un huitième d’nne once d’argent fin, de sorte qu’évalué a notre monnoye sur le pied deLeipzig, il revient à la valeur de quatre gros. Par conséquent un as qui fait le seizieme dela valeur du denier, revient à trois pfennings (un Dreyer) & dix as la paye du sol-dat Romain du temps de César à deux gros six pfennings, (dix Dreyers). On remar-quera que dans cette courte note on n’a pas pù apprécier cette monnoye jusqu’à la moin-dre fraction. U s u ffi t dans ces matières de Rapprocher le plus près possible de la vérité.
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Lorsque les Chevaliers formoient encore la cavalerie légionaire, ils reçevoient le trip ede la paye du fantassin, comme le dit Tite Live en plusieurs endroits, ainsi que Pol-ybeejui la fait monter à une drachme, équivalent du denier. Deux tiers de cette payeétoient destinés, l’un pour le maître, & l’autre pour le valet, & le tiers qui restoit, pourl’entretien du cheval. Mais depuis qu’on tira toute la cavalerie des provinces, & desalliés, ces réglemens n’eurent plus lieu. Les provinces fournissoient elles mêmes la plu-part du temps ce qu’il falloit à la cavalerie qu’elles envoyoient, & il paroit que lors-qu’on en prenoit à la solde chez les alliés & chez les nations étrangères, on s’accordoitpréalablement avec eux fur les appointemens, & fur Pentretien de cette cavalerie,pendant la campagne. C’est pourquoi les historiens ne font pas mention du cavalier,lorsqu’ils détaillent les récompenses que les Vainqueurs distribuoient à leurs troupes dansles guerres civiles, après la victoire : Le passage de Suetone où on prétend qu’il parledes sommes d’argent distribuées aux cavaliers comme aux fantaílins, est manifestementcorrompu, & le mot Equités , qu’on trouve dans quelques manuseripts, y est fourrepar les Copistes, qui croyoient que Suetone ayant parlé des fantassins ne devoit pas omet-tre les cavaliers. Mais on voit bien que le récit de cet écrivain ne roule que fur les gra-tifications données aux Vétérans des légions, & qu’il ne parle pas même de celles que re-çurent les différens officiers de ces vieilles bandes comme fait Appien qui nous apprendque César donna aux centurions le double de la somme distribuée aux fantassins, & lequadruple aux tribuns des légions & aux Commandans de la cavalerie. On s’est pré-valu de ce passage d’Appien pour suppléer à celui de Suetone, mais cet auteur ne dit pas-un mot du simple cavalier. S’il parle des Commandans de la cavalerie il faut remar-quer que, quoique composée des provinciaux des alliés & des étrangers, elle íùtordinairement commandée par des Chevaliers Romains, qui font les d’Ap-
pien , & les Prœfecli alarum dont la dignité alloit de pair avec celle des tribuns des lé-gions. II falloit bien que les Généraux de cavalerie, étant eux mêmes Chevaliers Ro-
mains, eussent part aux récompenses austi bien que les tribuns & ses autres officiersde marque. Appien ne dit donc rien qui autorise l’interpretation du texte de Suetoneavec lequel «bailleurs Dion Cassius est parfaitement d’accord.
Sucton.Cís. 38.
Appien. G.Civ.II.491.
Sueton.Ang. z8-Claude.