DE CÉSAR . Sect. VI. 3^9
guerre aussi difficile & aussi sanglante que les autres. II avoir donc plus quejamais besoin de ses vieilles bandes, & U auroit été dangereux d’oppqser à unpareil ennemi des légions de nouvelle levée. II1 avoir fait en Egypte & dans lePont, c’est qu’il ne couroit pas le moindre risque, que ses troupes quelque malintentionnées qu’elles fussent, passassent du côté de l’ennerm. Mais Césarferme & habile, fut appaiser la sédition de ses Vétérans, &c n eut pas de peineà se faire suivre par les mêmes légions avec lesquelles il avoit conquis lesGaules & battu Pompée à Pharsale. C’étoient la cinquième, la septième,la huitième, la neuvieme, la dixieme, la treizième & la quatorzième avec les-quelles il passa la mer: la sixième étant réduite à un tel état de foiblesse, qu’apeine elle avoit encore mille combattans fur pied, il fit sortir en sa place del’Espagne la seconde légion, ce vieux corps qui lui avoit marqué tant Ratta-chement, en forçant Varron à se rendre. II tira encore de l’Efpagne, troisde ces nouvelles légions qu’il y avoit fait passer depuis peu de 1 Italie, deforte que son armée étoit forte de douze légions (II). Cependant endégarnissant ainsi l’Efpagne de troupes, il donna occasion aux fils de Pompeede s’y établir & d’exciter ces nouveaux troubles, qui lui causerent dans la fuitetant Rembarras. En suivant l’histoire de ces légions, nous avons démélécette circonstance qu’aucun historien n’a remarquée, quoiqu elle nous donneles éclairciffemens les plus íatisfaisans fur f origine de cette guerre.
La fin de la guerre d’Afrique est une époque mémorable pour 1 histoiremilitaire de l’armée de César. Le temps étoit venu qu il ne pouvoit plusrefuser aux vieux soldats avec lesquels il avoit remporté tant de victoires, lecongé absolu & l’accomplissement de toutes les promesses qu il leur avoitfaites si souvent. 11 ne tarda donc plus à s’acquitter de fa parole, & cefut en Afrique même, qu’il annonça aux Vétérans, que le terme de leurs fer-vices étoit expiré, & qu’ils étoicnt les maîtres de repasser en Italie, chacun , 4>selon ía volonté. II leur donna à tous rendez-vous à Rome pour assister àson triomphe, & pour y recevoir leurs récompenses. Sa libéralité surpasse Suetou.alors leur attente. Chaque Vétéran reçut après le triomphe vingt mille Ctf ’ 38 'sesterces, qui font cinq mille deniers, évalués selon notre monnoye à huit Apt ^“ ILcent trente trois écus & huit gros. Les centurions eurent le double, & Dion Cas _les officiers d’un grade plus élevé tant d’infanterie que de cavalerie, le qua- KU5 xliii.druple. Mais ces vieilles légions étant toutes très affaiblies par tant de com-bats & de fatigues, à peine le tiers de ceux qui les avoient formées au com*
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