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Vol. II.
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330 MÉMOIRES SUR V A R M É E

mencementde la guerre, étoit il en vie. Supposé ainsi que vingt mille hom-mes reçurent cette récompense, la dépense monta dans cette occasion à seizemillions, six cens soixante mille écus; en y ajoutant les gratitìcations des Offi-ciers, il pût aisément lui en coûter au delà de trente millions. Somme quin’a rien d’extraordinaire eû égard à toutes les ressources qu’il avoit pouramasser de l’argent & à son peu de délicatesse sur les moyens d’en tirer parti.Appîen ii. Outre ces gratifications en argent comptant, César donna encore à ces481 ' mêmes Vétérans des possessions & des terres dans toute l ltalie. II s’étoit fait

Dion Cas- i-i . , , .

fius xt.n. au commencement une loi de ne pas imiter la conduite de Sylla qui les avoitl8 * établis aux dépens des anciens propriétaires. II lui parut plus beau d’acheter'íx F Ep' ^ es terreS à ses propres frais, &. d’en faire la distribution fans préjudiciel- à17. personne. Mais ses trésors étant bientôt épuisés par ses immenses largesses,n PP I' n 5I á ^ s ’écarta de ces bonnes maximes, & on vit comme dans les temps de SyllaVoyez No- les pauvres habitans chassés &c dépouillés de leurs biens, pour faire place aux»ph pTo’ soldats. Les plaintes de Cicéron, &. íurtoutcelles de Brutus, nous mettentau fait de cette violence.

En donnant ainsi le congé & des terres aux Vétérans, César n'abolit paspour cela les légions dans lesquelles ils avoient servi. Tous les vieux corpsfurent remplacés par de nouvelles recrues & subsistèrent fous leurs anciensAppîen i. noms. Nous voyons Antoine chargé de la commiffion de rétablir la dixieme' p ' ,79 légion ( III ), ôc il est à croire qu’elle étoit complété ainsi que la cinquième,la sixième & la treizième, lorsque réunie avec elles, elle marcha en Espagne,pour y renforcer les troupes qui y luttoient avec inégalité contre les forcessupérieures de Tennemi (IV). On remarque même dans f histoire decette derniere guerre de César, surtout à l’occasion de la bataille deMunda, que quoiqu’elles en eussent les noms, ce n’étoient plus ces vieil-les légions, fur la valeur desquelles César se reposoit autrefois avec tantd’assurance.

Résolu de conserver sur pied le même nombre de légions dont j'a!dïot C a f- f a ' lt l’hìítoire, César représenta au Sénat la nécessité de former une caisse,2, ' militaire dont les fonds fussent suffisans pour leur entretien. Sa mort prévintl’exécution de ce plan qu’ Auguste remplit dans la íûite. II faut bien au restequ’aucune de ces trente neuf légions de César ne fut licentiée, puisqu’on lesretrouve toutes au même nombre dans l’histoire de cequis’est passé immédia-tement après la mort.