AVEC LES ANNÉES JULIENNES
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Pour prévenir ce désordre le législateur introduisit l’usage des intércalations extraor-dinaires dont la direction fut confiée aux foins du grand Pontife. Au bout d’un cer-tain période & selon les circonstances, celui-ci avoit le droit de proposer à l’afíemblée dupeuple des intércalations nouvelles d’autant de jours qu’il jugeoit à propos, pour fairerentrer l’année dans fa marche régulière & conforme au cours du soleil. Au commen-cement les Pontifes s’acquirterent de leur fondion avec prudence & avec exaditude,mais dans les temps d’intrigues & de fadions, le droit de disposer des jours superflus deTannée, devint entre leurs mains un ressort de politique, soit pour arrêter selon leurs in-térêts les délibérations du peuple, soit pour prolonger les charges, soit pour favoriserles fermiers. Ainsi selon ces différentes vues, tantôt ils négligèrent entierement lesintércalations requises, tantôt ils les accélérèrent fans s’attacher à des points fixes &a des époques réglées. Cette supercherie des Pontifes, est donc la véritable causé de la con-fusion qu’on trouve dans les historiens relativement aux dates qui ne répondent souvent,ni aux saisons, ni à la fuite des événemens.
Jules César grand Pontife lui même & trop puissant pour avoir besoin des artificesde ses prédécesseurs, crut qu’il étoit de l’intérêt de ía gloire de corriger ces abus, & dedonner au peuple Romain un Calendrier permanent & raisonnable. L’année Romainecommençoit alors plusieurs jours plutôt qu’elle ne devoir commencer. César pour fairetomber le commencement de la nouvelle année au premier Janvier, laissa ces jours super-flus se consommer dans l’année précédente, nommée par cette raison, Tannée de confu-fion, & rétablit de cette maniéré le rapport naturel entre les mois & les faisons.
Si Ton savoir précisément & à n’en pas douter, le nombre des jours intercalés danscette occasion, & en même temps la forme des dernieres années qui ont précédé la réformedu Calendrier, il seroit très facile de déterminer exactement le rapport des dates de cesannées que les auteurs ont rapportées avec celles de Tannée Julienne. Mais les savansne sont pas d'accord fur ces deux objets, & THistoire de ces temps dont nous connoisisons d’ailleurs plus de particularités & de détails que de toute autre histoire de Tantiqui-té, manque encore de cette clarté que Texacte Chronologie pourroit lui fournir.
J’ai pris à tâche de prouver que les intércalations ordinaires des mois nommésMerkedonius, n’ont été interrompues en aucun temps de la République, & encore moinsdans les derniers temps : & de cette maniéré j’établirai la forme & la durée des annéesflue plusieurs auteurs ont contestées. Je prouverai ensuite que Jules César n’a inter-calé que quarante cinq jours, non compris le mois Merkedonius, & qu’il n’en pouvoirintercaler d’avantage, vû que les jours surnuméraires n’excédoient pas ce nombre. J’aidressé d’après ces éclaircissemens, le journal des quatre années de la guerre Civile qui pré-céderent l a réforme du Calendrier, & j’ai trouvé dans la fuite de ces événemens remar-qua es, la plu S grande preuve de la vérité de mes assertions.
Lorsque pour conformer ses années aux révolutions solaires, Numa introduisit àexemple des Grecs, Tuf a g e d es mo ; s intercalaires, il voulut leur assurer dans le Ca-en drier une place constante & invariable, comme aux autres mois. La régularité desTonelïi, XX