Microbe-Sarumal II. ch. 13.
34 6 RAPPORT DES ANNÉES ROMAINES
Fêtes attachées à des saisons , la nécessité de consacrer certains jours aux entrées dans lespremieres charges, & surtout Tordre des travaux rustiques qui étoìent alors un grandobjet dans cet Etat naissant, exigerent cette attention du Législateur dont Cicéron faitT éloge dans son second livre des loix. Dans ce dessein il ordonna l’intercalation régulière& alternative des mois, par une loi qui eut place parmi les loix royales. Les Decemvirsqui rédigèrent dans la fuite le fameux Code des douze Tables & qui en connoiíloientTimportancc, la conservèrent soigneusement, comme en font foi les firagmens qui nousfont restés de ces loix. J’ai dit que par la forme du vieux Calendrier Romain TannéeCivile avoir un jour de plus que Tannée solaire, & que le Grand Pontife avoir le droitd’en disposer à son gré. Le Législateur auroit pû facilement corriger cet inconvénient,mais il paroit que c’est à dessein & par un motif de superstition, qu’il laissa à son annéece jour- vague & surnuméraire. Les Romains attachoient à de certains jours uneidée de fatalité qui nuisoit aux affaires qu'on entreprenois ces jours-là même. Ainsi lesjours de marchés ne dévoient pas tomber aux Calendes,, aux Nones ni aux Ides desmois;, ni les grandes folemnités aux jours marqués dans leur histoire par quelque mal-heur insigne. En abandonnant ainsi la disposition de ce jour surnuméraire au soin duGrand Pontife, Numa lui ménagea le moyen d’éviter le concours de pareils, jours, & aussisouvent qu’on dressa le Calendrier pour Tannée prochaine, le Grand Pontife arrangeace jour surnuméraire de la maniéré la plus. convenable à son but, à peu près comme lesJuifs Tont pratiqué pour éviter la concurrence de certaines fêtes, avec les. nouvelles. Lu-nes de Tisri & de Nisan.
Quelques, favans & entre autres Mr. de la Nauze dans son mémoire sur Tannée Ro-maine inséré dans. le z J. Tome des, mémoires, de TAcadémie des Inscriptions & bellesLettres, ont confondu ces. fonctions, du. Grand Pontife, en fe persuadant qu’il avoitégalement le droit de toucher à son gré aux mois intercalaires, & que chaque foisqu’on les intercaloit, il en faisoit la proposition à Tassemhlée. du. peuple. Ce senti-ment n’est ni vraisemblable, ni appuyé sur aucun témoignage de l’antiquité. II n’estpas vraisemblable, parceque tout ce qui avoir été statué & confirmé expressément parfes loix dés; douze Tables n’avoit plus besoin d’être ratifié, de nouveau ni par un décret dupeuple, ni par un. Sénatus Consulte. Le Législateur ne pensa: pas non plus à assujettirTarrangement des fêtes & Tordre, des mois au caprice de qui que ce fut. D’aiHeurs les Ro-mains attachoient tant de vénérationàla forme de leur ancien Calendrier,que César même nes’avisa pas.de changer l’emplacement des Nones & des Ides, ni íe jour consacré au com-mencement de Tannée, quel’qu’ènvïequ’il en eut.
II est encore, vrai qu’aucun auteur ancien n’a jamais donné lieu à cette opinion. Ma-crobe & Censorinfont les deux écrivains, qui ont répandu le plus de lumière fur cette-ma-tière. Le premier s-’explique fur le droit des Pontifes de la maniéré suivante. Ce jour- surabondant de- f année,, dont nous: avons parlé,, rejloit à la disposition de ceux quiavoient le foin des Fastes^ pour tinter caler lorsqu ils le jugeaient a propos , pourvuqu ils eussent t attention de-1 insérer entre la. jet e appellee Terminalia & le mois interca-