AVEC LES ANNÉES JULIENNES. 357
vingt cinquième Mars que j’ai indique'e dans mon journal, & qui reTulte d’un calcul sim-ple & fondé fur les témoignages des anciens, concilie ces difficultés & répond parfaitementau sens des paroles de cette Lettre. M. Samuel Petit de même que M. de la Nauze s’estpersuadé que les quarante cinq jours que César fut obligé d’intercaler, s’étoient accruspar l’ommiísion de deux mois intercalaires dans les quatre dernieres années; ímais cepassage plusieurs autres prouvent à ne pas en douter, que les jours superflus dans l’an-née avoient déja mis la confusion dans le Calendrier Romain avant ces dernieres années,„& que l’intercalation alternative des mois n’a jamais été interrompue.
Le jour de la bataille de Pliarsale que le vieux Calendrier dans le I er Tome des in-scriptions de Muratorius place aux cinquièmes Ides d’Août, ou au neuvieme de cemois, prouve avec la même évidence qu’il n’y eut que quarante cinq jours d’intercaléspar César. Selon nôtre calcul ces cinquièmes Ides d’Août reviennent au 2. Juin deTannée solaire, quarante un jour avant la date indiqée par le vieux Calendrier. Onverra dans le journal ci-joint, de quelle maniéré le nombre de ces jours s’est accru jus-qu’à celui de quarante cinq que César avoit à faire écouler dans l’année de confusion.Cette date du 28. Juin répond à toutes les circonstances de la bataille: Mais si vousantidatez cet événement avec Usserius de soixante sept jours, il en resultera le troisiè-me Juin; jour qui précédé le temps où la moisson se fait en Theíîàlie, tandis qu’il estcertain que la bataille s’est donnée quelques jours après la récolté, comme on peut levoir dans le journal annexé.
Le savant Usserius a exposé la suite chronologique des principaux événemens de l’his-toire Romaine, & à tâché de déterminer quant aux dernieres années de la République,le rapport des dates de Tannée Romaine avec celles du calendrier Julien. Mais comme ilantidate les événemens de 67. jours suivant Macrobe & Censorin, il en résulte queplusieurs circonstances, surtout des faits de guerre, ne répondent ni aux saisons niaux autres caractères de temps que les écrivains en rapportent. Il seroit inutile derépéter ici les différens exemples que Mr. de la Nauze en a allégués. On voit tou-jours clairement que fa maniéré de compter recule trop les événemens, pour avoiradmis plus de jours surnuméraires qu’il n’en falloir.
En conservant aux années les mois intercalaires selon 1 ancienne coutume des Ro-mains , & en suivant Topinion de Dion Castius fur le nombre des jours intercalés parJules César, j’ai été en état de concilier toutes les difficultés dont on étoit embaraíîe. LeJournal que j’ai dressé fur ces principes, en sert de preuve.
Lorsqu’on continue à supposer de la maniéré que j’ai fait dans mon journal, le rap-port entre les jours du vieux & du nouveau calendrier, on voit en remontant aux tempsantérieurs à ces quatre années, le commencement des années Romaines s’e'loigner deplus en plus de celui des années Juliennes. Mais il faut renoncer à toute idée de régu-larité du calendrier pour ces temps où la licence des Pontifes altéroit en cent occa-sions 1 ordre des jours, f ans avoir besoin de toucher aux mois intercalaires. Il est certainque dans un temps, les jours se rapprochoient de leur ordre naturel & que dans un autre, ils
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