Band 
Vol. II.
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398 LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

íìfié, où réíìdoient les charmes, les attraits, les amours, les amusemens, lesentretiens secrets 6 c le badinage. Jules Africain se flatta que la variété des ma-tières qu’il tachoit d’embellir par un stile fleuri ôc agréable, charmeroitégalement l’esprit de ses lecteurs, 6c mériterait à son livre le titre séduisantde Cettes. II est poííìble que fa maniéré d ecrire ait eû de quoi plaire dansson temps, mais le peu qui nous refte de son ouvrage, nous fait juger, queces charmes n’étoient pas de tous les siécles»

. Les fragmens que j’ai traduits ont fait partie du sixième 6c du septieme li-vre de ces Ceftes, qui semblent n’avoir traité que de sart de la guerre 6c desobjets qui y avoient quelque rapport. II est à remarquer qu’ainsique cet écri-vain transcrirait quelquefois dans son ouvrage des morceaux entiers tirés deslivres anciens, les auteurs des siécles postérieurs ont usé de la même libertéà son égard, & tandis qu'on croit avoir perdu son recueil à ce petit nombre defragmens près, nous en lisons peut-être encore aujourd’hui une bonne partiedans les écrits de ces Grecs modernes qui ont vécu du temps des Empereursde Constantinople. II est certain que la Geoponica &c l' Hippiatrica , deuxouvrages de ces siécles, dont l’un a l’agriculture 6c l’autre la Medecine pourobjet, contiennent plusieurs chapitres tirés des Cestes d’Africain, de mêmeque le livre de Michel Pscllus des merveilles de la Physique 6c de la Medeci-tambec. ne, dont Lambecius a publié quelques articles qui avoient appartenu à notreliv. vi. auteur. II est tout aussi probable que l’Empereur Léon n’a pas manqué d’en

Somment. x r/ _. *

pag. 222 . emprunter pluíieurs morceaux oc de les inlerer dans la tactique, comme il l’afait à l’égard d’Onosandre, d’Elien, 6 c d’autres qu’il n’a pas daigné nommer.

Ce goût des compilations qui dominoit dans ce siécle a fait que celuiqui nous a conservé ces fragmens d’Africain, les a joints encore à d’autresqui ne sont pas de lui, 6c c’est son stile fleuri 6 c élégant qui nous a fait recon-noître qu’il n’y a que les quarante quatre premiers chapitres qui lui appar-tiennent. Caíaubon avoit dé j a remarqué que ceux qui suivent jusqu’au 59 ™'sont tirés du Poliorceticon d’Eneas; 6c on voit aífez par la diction rude 6 csimple, par les expressions barbares 6 c inconnues aux anciens, 6 c par d’autrescirconstances, que les derniers chapitres sont pour la plupart, d’auteurs pos-térieurs.

Jules Africain n’étant pas soldat lui même, parloit des affaires de la guerrecomme Onosandre, comme Végéce, comme d’autres écrivains de cet ordre,en parlent. Toutes lesfoisqu’ils copient les bons auteurs de l’antiquité, leurs