4 oo LES GESTES DE JULES AFRICAIN.
Comme on s’est généralement accordé à détester les préceptes perni-cieux de Jules Africain, on a eu de la peine à sc persuader qu’il fut chrétien,
& le même qui, étant en commerce avec les peres de f église de son temps,avoit écrit des livres de théologie & fait des commentaires fur la bible, scion
qu’Ori^éne & d’autres le rapportent. C’est pourquoi quelques uns ont crû
qu’il avoit écrit les Cesies, ou ses mélanges avant d’avoir embrassé le Christia-nisme & d’autres que fauteur chrétien étoit différent du nôtre. Mais'pu recommande dans ces Gestes de faire écrire en grands caractèresPseaume s u r des barils de vin certain passage de la bible pour empecher que le vin nexxxiv. 8. sc âce on ne pourra pas non plus affoiblir le témoignage exprès d’Euscbe,d’Origene, de Suidas, de Photius «Se d'autres, qui ne distinguent pas fauteurniam suavis ^ (^es, de celui des autres ouvrages.
° minU On remarquera aisément, en lisant fans préjugé f histoire du christianisme
des premiers siécles, que la religion chrétienne dans fa naissance ne gueris-soit pas toujours les hommes de leurs erreurs en fait de morale, ni de ce pen-chant qu’ils avoient alors à la superstition. II paroit même que la doctrinedes anges, des démons 8c de leur influence fur la conduite des hommes,contribuoit souvent à égarer les esprits foibles, «Sc à donner plus de crédit auxexorcismes, aux enchantemens, «Sc à tous les beaux secrets du grimoire. Ce nefut que l’excès seul de ces superstitions, qui donna quelquefois lieu aux dé-créts des Conciles qui les condamnoient. Jules Africain pouvoit donc êtreorthodoxe, composer des commentaires fur la bible «Sc en même temps ungrimoire, & enseigner fart d’empoisonner les fontaines.h J’ai'traduit de ces Gestes les seuls chapitres qui regardent particulièrementfart de la guerre des anciens, ôcje me fuis contenté de ne donner qu’un extraitdes autres qui traitent de matières qui n’y ont pas un rapport direct. Le textegrec a été si corrompu 8c est devenu fi obscur par le grand nombre de lacu-nes qui s’y trouvent, que le savantThevenot même n’a pas voulu se chargerde cette traduction, de sorte que c’est le seul traité de Jules Africain qui pa-roisse lans version dans fa collection*). Les notes «Sc les corrections deBoivin
nVont
*) Ex omnibus, qui ad liane diemediti simtveterum lìbrìs , nescio anullm inlucem prodkritœque mendosus , atque hic qui nunc prodit, Ju-in Africani de re militari traclatus. Est enim
ita corruptuí , ita depravatus, ac proinde objeu-rus , ut plerisque in locìs non commentatore quiverba L? J'ententias explicct , fed Oedipo aliqv.oopus stt , qui JEnigmata interpretetnr. Tant a