Band 
Vol. II.
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LES CESTES.DE JULES AFRICAIN.

CHAPITRE I.

Des Arméniens.

J ’ai été souvent étonné de ce que dans cette fuite de guerres qui ont agitéle monde, la fortune se soit plus déclarée en faveur d’une nation, qued’une autre, que les Romains ayent triomphé des Grecs, que ceux-ci ayentvaincu les Perses, que jusqu’apréscnt ces mêmes Perses n’ayent pû être vain-cus par les Romains, que tous les Peuples de cette partie supérieure de l'Asiedéfendent avec courage leur liberté, & qu’ils fassent tous les jours d’heureuxefforts pour soutenir leur égalité contre nous. Curieux d’en savoir la cau-se je ne Tai pas trouvée dans la supériorité de génie des Généraux, ni dans lesforces militaires, vu qu'o n fait assez que les bons officiers ne tiennent quepeu de compte de la multitude d’hommes: J’ai observé que c’eft la naturedes armes, & l’espece d’ordonnance des armées qui assurent dans les com-bats la supériorité d’une nation sur une autre.

Les Grecs font pesamment armés. Ils ont la tête couverte d’un bonnetmilitaire, & portent la double cuirasse travaillée en façon d 3 écailles. Leurbouclier concave &c garni d’une plaque d’airain se tient par deux aníes, dontl’une passe jusqu’au coude, & l’autre est empoignée par la main *). Ils ont

DioJore de Les boucliers des Grecs dans les temps les

fj' plus reculés ètoient ronds a fort grands. Onles nommait Clypei Argolici. Jphicrate cfâpres lui Philopoemen en introduisirent de pluspetits, pour en diminuer la pesanteur. Bans lamilice Macédonienne les soldats de la Phalange enportoient d’une figure ovale , cf d'une médiocre

p. 480.Pausan.in Arcad.p. 100.

A. ElienTact. ch. ì.

11e plus petite, prés du bord, (y l’autre plusgrande, presquau milieu pour y pajfer les bras.Comme on en voit plusieurs exemples dans lesdeux colonnes de Trajan éf d’Antonin à Rome.

Bans les premiers siécles delagrece les bou-cliers nctoient garnis que de courroyes pour lesattacher, íf ce fut selon Plutarque Cléomene

grandeur. La circonstance que Jules Africain qui enseigna le premier aux Spartiates l’ufiige de

rapporte de leurs deux anses comme d’une pro-priété particulière aux boucliers grecs mérite deMc.num.an- l’attention, U est attestée par les médailles if parricin inedití d’autres monument. La figure de ce Roi agoni-fig. íoç. j' ant ( j lw \y-inchelmann produit, explique la fa-Beger. thés. çon dont ces deux Anses y étoient attachées, ainsiBrandeb. p. ^ pl u f curs médailles dans lesquelles on voitquelquefois Mars if quelquefois Minerve, tenirr,’" T,r * leurs boucliers de cette maniéré. Je remarque809. généralement que tous les boucliers ronds ou d ti-ne figure ovale avoient besoin de deux Anses,su-

ces Anses nommées fa*»* au lien de courroyes di-tes B-ífT****. IIparoit cependant que malgré cetteinnovation les Phalangites avoient encore descourroyes attachées à leur s boucliers, car on voitqu ils les portoient fur le dos, ainsi que les Ro-mains; commodité que les jeuies anses ne leurauroientpas procurée. lout ce qui regarde lesboucliers cf les écus des anciens, est rasiemblèdans ïouvrage de Carycphilus de Clypeis Vete-rum. S il avoit connu ce passage d'Africain, ilen auroit fait un bon usage.