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vaincus ? En voici les raisons : obligés de se charger dans leurs expéditions d’untrain considérable, les Romains avoient la coutume, pour couvrir leurs baga-ges de faire avec leurs armées des Quarrés, & c’étoit proprement cetteordonnance qui ne leur permettoit pas de charger l’ennemi en courant. Ilscommandoient pour cet effet aux soldats de mettre le genou en terre, ôcde se couvrir de leurs boucliers comme d’un toit, pour former l’ordonnanceappellée communément la Tortue. Ils se flattoient bien qu’en se couvrantde cette maniéré, ils obligeroient les Parthes d’épuiser leurs traits & leursfléchés. Mais, si cette manœuvre les mettoit en effet dans ce moment àl’abri des coups, elle les laiífoit aussi dans une inaction, que la chaleur &les fatigues ne leur rendoient pas moins insupportables;- les ennemisne manquoient pas non plus de les tenir en haleine, car ces barbarestoujours en grand nombre, se relevoient par troupes, & quittoient parintervalles le combat pour se reposer, pendant que les Romains restoienttoujours en action. Ajoutez que les soldats Romains étoient déroutés, dèsqu’ils ne se battoient plus en rangs & files &c en corps, & que les pierres queles ennemis lançoient de leurs frondes, tomboient avec tant de violence furleurs casques, qu’elles les rompoient d’abord âc blessoient aussi leurs têtes,tandis que les lames de fer qui leur couvroient le cou les embarassoienttrop pour les esquiver. II faut observer encore, que les Romains n’étoient pasfort adroits à lancer les javelots, & qu’en poussant souvent dix à la fois àun seul endroit, ils ne tuoient quelquefois qu’un seul homme. II est en-fin indubitable que dans ces occasions leurs piques étoient trop courtes pourrésister avec succès au choc des cavaliers barbares.
C’est pourquoi, si l’on s’avisoit de revêtir les soldats Romains de cuirasses& de casques à la Grecque, si on leur fournissoit des piques plus longues quene le font les leurs, si on les dressoit à lancer leurs javelots avec plus de pré-cision & à se battre chacun pour sa personne; enfin si on les accoutumoità se jetter dans ces rencontres fur l’ennemi en courant de toutes leurs forces,& jusqu’à ce qu’ils fussent fous fes traits, on pourroit être assuré que jamaisles barbares ne leur résisteroient.
OBSERVATION.
T oute la comparaison que Jules Africain fait entre Parmement des Grecs & celui desRomains, est fort intéressante, d’autant plus qu’il croit y trouver la raison dediffe'rens succès que ces deux nations ont eus dans les guerres qu’elles se font faites.