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Vol. II.
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LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

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Le parallèle du judicieux Polybe entre le militaire de ces deux peuples & Celui que Tite Lib. XVII,Live fait après lui, est fonde' fur la différence de l’ordonnance de la légion à celle à 4-de la Phalange, fur ce que celle-ci n’est dans fa véritable force qu’en tant qu’elle estbien serrée, & qu'elle peut manoeuvrer dans des lieux ouverts & unis, tandis que la lé-gion en allant à la charge en rangs & files ouvertes , fe prête mieux a toutes sortes deterrain. Cependant comme la nature des armes tant offensives que défensives influeprincipalement fur l’ordonnance des troupes, & qu’elle la détermine même en un certainsens, les points de'comparaison sur lesquels Jules Africain insiste, font également impor-tans, &’ peuvent servir de supplément aux parallèles de Polybe & de Tite Live.

Il semble que Jules Africain refuse au soldat Romain une qualité que Polybe &

Tite Live lui donnent préférablement, savoir celle de combattre en petites troupes &même homme à homme, tandis qu’il est incontestable que le soldat Grec armé de sa Sa-rifle ou de fa longue pique & peu stilé à manier l’épée étoit beaucoup moins propre àcette espèce de combat & d’escrime que le légionaire. Mais Jules Africain n’avoit. pasbien saisi l’objet dont il étoit question. César dit que les soldats de ses légions étoientdécontenancés près de Lerida, lorsqu’ils voyoient ceux d’Afranius s’éparpiller pourles attaquer en petites troupes en front, à dos & fur les flancs, vu que les siens étoientaccoutumés à garder leurs rangs dans les combats & à ne pas fe débander. Hirtiusdit de même qúe dans la guerre d’Afrique, les légionaires de César étoient déroutés,lorsque toutes les troupes légeres des ennemis tant d’infanterie que de cavalerie les en-tamoient de tous côtés, & qu’elles les accabloient d’une grêle de traits, tandis qu’euxmêmes restant toujours en corps, & n’osant pas sortir de la ligne, ne íàvoient au com-mencement, comment leur résister, jusqu’à ce que César se donna lui même la peine deles exercer à cette maniéré de combattre.

On conçoit aisément qu’une troupe pesamment armée qui n’a pour arme de jet quedes Pilons qu’elle ne peut lancer qu’à la distance de dix à douze pas ou tout au plusdes javelots qui ne peuvent pas suffire longtemps, doit nécestàirement dans quelquesoccasions rester en défaut contre de pareils ennemis. Mais à cet égard les soldats de laPhalange ne l’ernportoient sûrement pas fur les légionaires. Au contraire leurs longuespiques les gênoient bien plus que les Pilons ne gênoientles Romains, & il est bien clair,qu’ils auroient eu très mauvais jeu, s’ils s’étoient débandés de la Phalange, pour cou-rir après les cavaliers. Jules Africain se trompe donc bien fort en alléguant l’avan-tr >ge qu’il donne à cet égard aux Grecs, comme une des raisons qui leur firent vaincre lesPerses plus aisément que les Romains n’avoient pû le faire. La véritable cause decet événement étoit que les Perses du temps d’Agesilas & d’AIexandre avoient une tacti-que & une maniéré de combattre toute différente de celle des Parthes qui leur succe-derent, & avec lesquels les Romains eurent à faire. Les armées de Darius étoient de§ r oífes masses d’infanterie & de cavalerie très-lourdes & très-mal disciplinées, qui feNettoient en ligne vis-à-vis les Grecs, & qu’il ne falloit qu’aborder pour les terraflèr& pour les mettre en fuite : tandis que celles des Parthes n’étoient presque composées