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Vol. II.
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4 o8 LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

que de la seule cavalerie, la plus leste & la mieux dressée, qu’il y eût pour lors au mon-de, & qui n’évitoit rien avec plus de foin que les affaires générales.

Jules Africain accuse encore les Romains d’être fort gauches & beaucoup moins ha-biles que les Grecs dans le maniement de leurs javelots. J’ai déja dit qu’il ne paroitpas que les soldats de la Phalange ayent pû íe servir des javelots, en même temps qu’ilsportoient leurs Sarisses, & qu’Elien & Arrien ne les en arment pas non plus. MaisIft. VI. p 0 lybe donne aux soldats des légions deux pilons, dont l’un plus grand, est cette armech. ìi. p art ; cu li ere aux Romains qu’il décrit assez exactement, & l’autre plus petit étoit en ef-Lib. XVII. f et de l’espece des javelots que dardoient les Veîites. Il dit dans un autre endroit, que24. pour porter dans les marches ces deux armes conjointement avec les palíílades, ils étoiencobligés de laisser pendre leurs boucliers fur le dos. Cependant en faisant attention aurécit de la plupart des batailles, que Polybe, Tite Live & principalement Jules César dé-crivent, on ne découvre pas que l’infanterie légionaire ait fait usage d’autres armes of-fensives que du Pilon & de l’épée. Observez encore que le soldat Romain, ne paroitjamais muni de ces javelots dans les anciens monumens qui nous le représentent.

L’histoire militaire des Romains nous fournit des exemples, où les légionaires en-gagés au combat, pastèrent quelque temps à se lancer de part & d’autre, des dards &des javelots, avant que d’en venir aux épées, surtout dans les attaques de postes & de re-c*r de beL tranchemens. Ainsi dans ce furieux combat qui se donna sur la montagne sous les mursCiv. 1.46. de Lerida, les légionaires de César ne mirent tous ensemble l’épée à la main qu’après avoirépuisé tout ce qu’ils avoient d’armes de jet, pendant un combat qui avoit duré cinq heu-res de fuite, & dans ces fréquentes attaques de postes auxquelles la position des deux ar-Cîs.debell. ruées près de Durazzo donna lieu, on s’accabla de part & d’autre de flèches & deCiT.III.52. dards lancés par les légionaires.

Ces circonstances conduisent naturellement à l’idée qu’à l’occasion des grandes ba-tailles , où les légions quittèrent des deux côtés leurs camps dans le dessein d’en veniraux mains au premier signal, les soldats n’étoient pourvus d’autres armes offensives quedu Pilon & de l’épée, avec lesquelles seules ils décidoient pour lorsl’affaire: maisqu’onfournissoit des dards & des javelots à ceux qu’on détachoit pour quelque entreprise,comme on distribue aujourd’hui des munitions aux troupes employées à des expédi-tions extraordinaires. Il est donc très possible que les Romains ne fussent pas fortadroits dans le maniement de leurs dards, dont ils ne faisoient que rarement usage ainsique le remarque ici Jules Africain.

On voit au reste que la comparaison que cet auteur fait entre le militaire Grec & Ro-main, est d’un homme savant, mais qui n’a fait ses etudes de 1 art de la guerre que dansle cabinet. On fait que de son temps, & longtemps avant lui, il n’y avoit plus de cesG^cs armés comme il le dit & qui se formoient en Phalange. Tout ce qu’il en rap-porte est pris des historiens de la vie d’Alexandre & de ces tacticiens Grecs qui étoientpour lors fort en vogue. Les Perses de son temps ne ressembloient pas non plus à ceuxqu’Alexandre avoit vaincus, de forte que toutes ces observations manquent de justesse.M Le