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Vol. II.
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LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

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Le raisonnement de Jules Africain e'toit pourtant celui de íbn siécle. Artabanus Roi desPerses, après avoir soumis les Parthes & d’autres nations voisines, s’étoit mis en têtede rétablir l’ancien Empire de Cyrus. Résolu de chaíler les Romains de l’Asie, il avoitdéja eû de grands succès contre les armées qui gardoient les Provinces de l’Asie, lors-que l’Empereur Alexandre se vit dans la nécessité de raíïèmbler de grandes armées Sc deles conduire en Syrie pour s’opposer à ce Roi ambitieux & entreprenant. En íe rap-pellant dans ces circonstances le souvenir de ces anciennes guerres que les Grecs & lesRomains avoient faites aux Perses, on trouva qu’Alexandre les avoit défaits fans peineavec ses Phalanges, mais que Crassus & Antoine avoient échoué contre cette nation,quoique leurs expéditions eussent été faites dans les temps les plus floristàns de la Répu-blique. Sous le régné d’Alexandre Sevére de même que sous celui de ses prédécesseurs,on avoit adopté le tour d’esprit des Grecs, & on déféroit beaucoup à leurs ípéculationsfur toutes sortes d’objets. L’Empereur en étoit si épris qu’il s’imaginoit que pour ve-nir à bout de ces Perses modernes, il falloit réformer les légions fur l’ancienne ordonnan-ce de la Phalange Macédonienne, & leur donner à peu près les mêmes armes avec les-quelles Alexandre avoit défait les Perses à Arbelles. On vit aussi les conseils que JulesAfricain donne à la fin de ce chapitre, suivant le sentiment général de son siecle, soréaliser en effet & les légions prendre la forme des Phalanges, au point qu’on donna tamprid.même le nom de Phalange à un corps de six légions ou on avoit introduit tous ces chan- ^ndciMo"gemens qui ne contribuoient pas peu à la décadence de la milice légionaire.

Le íùccès de l’expédition de l’Empereur Alexandre contre les Perses est différementrapporté par les historiens. Selon Lampride, il défit les Perses & célébra fa victoire àRome par la pompe d’un triomphe. Mais Herodien, plus digne de foi que Lampride,raconte qu’une grande partie de son armée essuia le même sort que les légions de Cras-ssis Sc d’Antoine ; que s’étant exposée dans une grande plaine, elle avoit été soudaine-ment entourée & aflaillie par la nombreuse cavalerie des Perses, & qu’après avoir faitdes efforts inutiles, & formé la Tortue, elle n’en avoit pas moins été défaite & tail-lée en pieces. Comme les Parthes avoient de leur côté beaucoup souffert par le ravagede leur pays & par de fréquens combats, ils se virent hors d’état de poursuivre leur vic-toire, & laiílèrent par cette raison aux Romains toute la commodité de íè retirer avecles débris de leurs troupes. L’Empereur les ayant raíîemblés à Antioche, ne laiílâ pasde s’attribuer la victoire & de se faire décerner à Rome les honneurs du triomphe. He-todien ajoute que les soldats aigris de leurs pertes, accusèrent l’Empereur d’indolence &d’incapacité, Sc qu’ils conçurent tant d’aversion pour lui, que Maximin n’eut pas depeine à les engager à la révolté & à le maílàcrer au milieu de son camp.

Les savans avoient déja remarqué, que les changemens introduits par cet Empereurdans la forme & dans l’armement des légions, furent l’époque de la décadance de la milicelégionaire. II est assez intéressant de trouver dans ce chapitre de Jules Africain, lesvrais motifs qui y donnerent lieu Sc les points essentiels de cette innovation.

Tome IH.

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