4i6 LES GESTES DE JULES AFRICAIN ,.
Dans les chapitres X & XI. qui n’en font qu’un, fauteur insiste furune qualité particulière qu’il attribue aux chevaux, c’est de prévoir f avenir& d’en donner des signes aster manifestes, soit en dressant les oreilles, soitpar le mouvement de leurs yeux, soit auffi par leurs gestes &. par leur voix.II prétend même qu’ils peuvent voir quelquefois des esprits, & qu’à rap-proche d’un danger éminent on les a vus plus dune fois regimber & témoi-gner par des hennissemens &des sauts, la répugnance qu’ils avoient à s’y expo-ser. Homere avoit déjà loué cette qualité dans les chevaux de la Thessalie.
11 propose ensuite des remedes contre la gourme & contre les fluxionsqui leur surviennent aux yeux. II recommande à cette occasion les feuil-les de lajvigne & [un suc extrait du lierre, dont il veut qu’on oigne plusieursjours de fuite les yeux des chevaux pour les guérir de la chasse.
Dans leXII me chapitre il dit, qu’on doit attacher à l’oreille d’un chevalpeureux, la queue de certain animal qu’il désigne dans son livre de caractè-res, pour lui faire perdre cette mauvaise qualité.
Dans le XIH me chapitre il loue certaine espece de mords & d’éperonsque les anciens appelloient des pieds de loup propres à faire courir les che-vaux. II y ajoute encore quelques pratiques superstitieuses qui leur fontaccélérer leur course.
CHAPITRE XV.
Des moyens d'eff’rayer les chevaux.
L ’auteur commence ce chapitre par le conte suivant : Un homme se pré-senta aux Sybarites avec quelques chevaux dressés avec tant d’art qu’ilpouvoit les faire marcher fur les pieds de derriere, & exécuter toutes fortesde danses au son des instrumens de Musique. Mais rebuté & maltraité parles Sybarites il alla pour s’en vanger chez les Crotoniates leurs ennemis, quivenoient d’en être défaits dans un grand combat de ’ cavalerie. Leurayant promis une victoire immanquable, s’ils vouloient déférer à sesconseils, & ceux-ci acceptant ses offres, il commença par rassembler tousles joueurs d’instrumens qui se trouvoient dans la ville. II leur enseignaà tous un certain air de musique, & les voyant en état de l’executer de con-cert, il fit conduire l’armée des Crotoniates à la rencontre de celle des Sy-barites. A peine s’étoient elles approchées à certaine distance l’une de l’au-tre qu’il donna le signal aux joueurs d’instrumens de jouer tous ensemble
l’air