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Vol. II.
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PRÉFACE.

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pour en démontrer la bonté il eût recours à toutes fortes de preuves, fon-dées en partie fur la physique & fur la liaison naturelle entre les causes <5c.les effets, 6c en partie fur f expérience, cherchant dans l’histoire militaire desAnciens des exemples, où selon lui la victoire n’étoit due qu’à l’ordonnan-ce des colonnes. Cette méthode d’accréditer son fysteme étoit bonne, 6ctous les maîtres en tactique qui proposent leurs idées en font ordinairementusage. Mais ne falloit-il pas auíïi, pour que les preuves qu’il avoic tiréesde f expérience euffent toute leur force, que les faits allégués fuffent vrais,principalement dans les circonstances qui déterminoient leur rapport aux vé-rités qu’il avoir à prouver?

Mon critique avance cependant gravement dans fa préface, que rienn'est plus indifférent pour constater la bonté d’un fysteme quelconque deTactique, que la vérité des faits auxquels on provoque, que la fiction seu-le fournit autant 6c même plus de preuves que l’histoire la plus véridique ;qu’ainsi la Cyropedie de Xénophon, l’histoire de la guerre supposée par leMaréchal de Puyfegur, entre la Seyne 6c la Loire, 6c le Télémaque de Fé-rseíon, étoient d’un aullì grand poids dans les matières de Tactique, que lefont les histoires rapportées par les auteurs les plus dignes de foi. En con-séquence de cette étrange dialectique le Chevalier méprise les peines que je*Ne fuis données, pour débrouiller les faits de guerre rapportés par Polybe,dc ne s’apperçoitpasque par ce même raisonnement, il énerve entierement lesplus fortes preuves, dont Mr. Folard ait fait usage. 11 importe fort peu ,dit-il, pour le progrès de f art de la guerre , que Regulus à Tunis , Flanii-n ius fur t-Adda, Sempronius à Trebie , Varron à Cannes , & que Scipion àFlinge, à Bepula, & à Zama ay en t combattu en Phalange, en Quinconce^Q/ t en Colonne , fi d’ailleurs cette derniere ordonnance étoit dt accord avectous les principes démontrés. Quoi qu’il en soit je me persuade pourtant,lorsque le Chevalier Folard allègue ces mêmes faits pour garantir par l’expé-fience la bonté de fa théorie, qu’il ne lui étoit pas indifférent qu’ils fuffentVr ais ou faux.

II me semble que ce raisonnement seul décèle assez l’efprit des recher-c hes d’antiquités militaires du défenseur du Chevalier.