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C’est donc autant l’intérêt de mon honneur que futilité générale qui m’aengagé à faire mon apologie, dc comme pavois eû toujours le dessein de don-ner une nouvelle édition de ‘mes Mémoires, dc d’y ajouter quelques éclair-cissemens, dont j’ai jugé moi même qu’ils avoient besoin, je regarde à pré-sent la critique aigre de violente de mon adversaire, comme une occafion favo-rable qu il m’a fournie de m’en acquitter avec plus de soin dc d’attention queje ne l’aurois peut-être fait íàns ce puifíànt motif.
Le Chevalier de Lo-looz ramène ordinairement ses discussions à fa nou-velle théorie de la guerre, qu’il s’efforce d’appuyer fur les principes de la Tac-tique des Anciens. Je n’ai pas la même prétention que lui, à l’honneur d’ê-tre un docteur en Tactique. Dans l’école où j’ai étudié le métier de la guer-re, j’ai appris à me défier de mes spéculations, de je me fuis persuadé, queM. le Chevalier, ainfi que la plupart des autres Tacticiens modernes, donnenttrop à l’imagination, de trop peu à l’expérience. L’esprit rempli de la maniéréde combattre des anciens, j’ai vû de grands faits de guerre exécutés par leplus habile capitaine de notre siecle, de j’ai cru avoir trouvé presque toujoursdes raisons suffisantes de la différence de notre Tactique à celle des Grecs& des Romains. Je fuis cependant bien éloigné de combattre généralement lesefforts de quelques uns de nos íàvans militaires, qui fe fervent des notionsqu’ils ont de fart de la guerre des Anciens, pour établir une théorie raison-nable dc qui n’est pas entierement incompatible avec la nature de nos ar-mes. Mais il faut pour cet effet, comme je l’ai dit, que les exemples fur lesquels ils fondent leur raisonnement, soient rapportés avec vérité, dc qu’ilsne tiennent pas de la fiction qui les rendroit par là même inutiles.
Je n’ai d’autre objet dans mes travaux littéraires que de fournir à cesfavans militaires des faits véritables, dc de débrouiller autant qu’il m’est possi-ble* les points principaux de l’ancienne Tactique. Ce soront toujours des pie-ces de rapport, dc de bons matériaux dont d’habiles architectes pourront fai-te usage pour élever ensuite des édifices, tels qu’ils le jugeront à propos.
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