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CHAPITRE I.
De la méthode des Anciens dans leurs Sièges.
L E Chevalier de Lo-looz s’étant proposé de réfuter, món livre d’uhbout a l’autre, ajugé à propos de commencer fa critique par les chapitres qui sembloiertt lui don-ner le plus de prise. Dans ma distèrtation fur l’attaque & la défense des pláces des an-ciens qu’on trouve à la tête du second volume de mes Mémoires, j’avois taché-de dé-gager cette matière, des préjugés & des notions plus ingénieuses que véritables dontle Chevalier Folard l’avoit enveloppée, en voulant prouvera toute force que les Mo-dernes n’avoient rien imaginé pour cette partie de l’art de la guerre, qui ne fut déjà con-nu & pratiqué par les anciens. Dans cette vue je présentois au lecteur le récit de quel-ques íìeges les plus mémorables de l’antiquité, de ceux mêmes fur lesquels' Mr.'Folardappuyé principalement son système, & je montrois, en expliquant les auteurs selon lesens naturel que nous offrent les termes dans l’original, qu’on ne trouve pas ce qu’il pré-tend y avoir découvert, & que leur maniéré de faire les íìeges étbit auíîì différente de la nô-tre, que la fortification de leurs places l’étoit de celle que nous employons aujourd’hui.
Le fiege de Lilybée avoit servi de texte au traité de Mr. Folard. Mais j’ai prouvéque selon'la description de Polybe, les ouvrages de ce íìege, que les Romains poufíè-1- ent toujours en avançant jusqu’à une hauteur égale aux murs de la ville, ne reffem-bloient en rien à nos tranchées ; que Mr. Folard en faisant établir à Trebonius devantMarseilles, quatre parallèles qu’on voit auíîì exprimées dans íbn plan, avoit pris les qua-tre rangs de clayes dont les galeries mouvantes étoient couvertes, pour autant de paral-lèles, quoique César dise expréffément, que les traits violents qui partoient des machinesdes assiégés les ayant percés, on fut obligé, pour les en garantir, de les changer contre degrosses poutres. F ai dit qu’au fiege d’Égine les ouvrages de Philippe Roi de Macédoinereíïembloient selon Polybe par leur hauteur, aux murs élevés d’une ville, garnis de toursd’eípace en espace. En exposant les circonstances du fameux fiege de Rhodes d’aprèsDiodore de Sicile, j’ai dit que, lorsque Démetrius fit applanir le terrain depuis les mursde la ville, à une distance de quatre Stades, pour favoriser l’approche de ses machines,t>n ne sauroit concilier de pareils travaux avec ceux de nos tranchées ainíi que M. Folardl’a fait. Tous ces pafíàges tirés des Originaux étant pour la plupart mal rendus dans^ es traductions, j’aí taché d’en établir le véritable sens de maniéré qu’il n’y eut rien à-r épliqutr.
J avois fait précéder Ces exemples de íìeges, d’un exposé succinct de deux différentesMéthodes que les anciens y obfervoient, & quoique je n’eusse pas à beaucoup près épuiíè^ette riche matière , j’en ávois cependant aster dit, pour indiquer les voyes qu’on doituivre, lorsqu on veut parvenir à des notions vraies íur cette partie de l’art de la guerre dès** n ciens, & pour avertir le lectéúr de ne pas s’égarer avec M. Folard dans ce labyrinthee supportions ôc d erreurs, auxquelles la prévention de cet ingénieux écrivain pour les
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