DES MÉMOIRES MILITAIRES.
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il prouver par cet exemple? Je n’ai jamais nie que les Romains n’ayent excelle' dans Partde se retrancher avec toutes les précautions possibles. J’ai soutenu contre Mr. Folard,comme je l’ai dit plus d’une fois, que ce n’etoit pas par des tranchées ni par des parallè-les que les anciens s’approchoient du corps d’une place & que les termes de vineae & devineas agere ne Pont jamais signifié. Ainsi le Chevalier de Lo-looz a beau demander,n'ejì-ce pas encore là une vraie tranchée? Je lui réponds naturellement que César nes’approeha pas d’une place en cette occasion, & que par conséquent ce fossé & ces clayesn’étoient pas une tranchée de siégé.
Quand César dit que Pompée ayant élevé des ouvrages dans un endroit de son camp 2-Il. Cir.à la hauteur de quinze pies, les couvrit encore par des galeries: In altitudinem pe- IIL 54 'dum quindecim ejfechs op tribus, vineis eam partem cajîrorum obtinet, le Chevalier croitvraisemblable que ces vinece étoient des clayes arrêtées verticalement pour tenir lieu deparapet , & mettre en moins de temps le retranchement en état de défense. Mais lelecteur observera, que les ouvrages étant eux mêmes élevés à quinze pieds de hauteur, onn’y auroit pas ajouté un parapet de clayes ; du moins ne servoient elles pas à mettreen moins de temps le retranchement en état de défense, comme mon critique ledit; pareeque César rapporte que Pompée plaça les galeries, lorsque tout le retran-chement étoit déja fini : effectis operibus. S’il faut donner une raison de Pemploy desgaleries en cette occasion, on la trouvera dans la nature de ces environs montagneux,où il n’e'toit pas toujours possible d’éviter de se camper de façon qu’on ne fut dominé quel-que part, de sorte que la protection de ces galeries couvertes pouvoit être d’une grandeUtilité. Quelque soit l’idée qu’on se forme de l’objet de ces galeries en cette rencontre,du moins n’y trouve t-on rien qui prouve que les vineas ayent été de simples clayes, &
«ncore moins des tranchées.
Les preuves conjecturales que le Chevalier Lo - looz tire du grand besoin que les an-ciens avoient de se couvrir contre Peffet des machines par des tranchées, sent déjà réfu-tées par tout ce que j’en ai dit, & ne tiennent certainement pas contre les témoigna-ges exprès des auteurs que j’ai allégués. II est évident que les tranchées à ciel ouvert nemettoient pas les aísiegeans si bien à couvert des traits qu’on tiroit du haut des murs &des pierres des balistes, que ces galeries couvertes de toutes especes qu’ils avoient ima-ginées : & supposé qu’on eût quelquefois tiré horizontalement, à travers des crénaux pra-tiqués dans l’épaisseur de la maçonnerie, ne voit-on pas que ces hautes terrasses de 3. à400 piés de large, ou tout ce front d’attaque formé par leurs tours & par leurs gale-ries les mit assez à l’abri de ces traits pour les dispenser de se couvrir par d’autres épau-lentens, & par toutes ces tranchées & parallèles que le Chevalier Folard a imaginées?
Il est certainement étonnant que le Chevalier de Lo-looz ait pû se figurer qu’aprèsavoir chargé le papier de tant de choses inutiles, il ait asïèz éclairci cette premiersquestion pour que les connoisseurs soyent en état de juger. Je suis convaincu qu’un hom-*ue un peu plus instruit de ces matières auroit du moins fait usage de quelques argu-metls plausibles & donné une sorte de couleur à fa critique. Cependant afin de ne pasTome /J/-. N n n