DÉFENSE
laiíîer le lecteur en doute sur la maniéré usite'e chez les anciens de couvrir les soldats quis’approchoient avec les machines du corps de la place, je citerai les propres paroles dePhilon, auteur d’antant plus digne de foi qu’étant lui même architecte militaire il e'criten expert fur son art. Tous les préparatifs dit-il, pour le siégé étant faits , les che-mins applanis, & les rouleaux & les machines en hon état , ne tardes pas de les fai-re approcher dumur:.... Puis faites porter au devant des soldats commandés pourleur défense, un nombre suffisant de ces petites galeries d'approche, afin qu*ils y fo-yent bien à couvert, & toujours prêts dans r occasion à sortir, & à engager le combat .U de'crit ensuite ces machines qu’il appelle & recommande fur tout de les fai*
re fabriquer de façon, que les soldats puissent les porter aisément.
De même que le Chevalier Folard a changé à son gré la signification du termeyìneas agere, de même auísi a t’il plié celle âé aggerem agere, & aggerem struere à l’opi-nion qu’il avoit de l’antiquité de nos tranchées, en soutenant que ce n’étoient pastoujours ces hautes élévations de terre exécutées par les anciens dans leurs sieges, maistrès souvent de simples épaulemens, des tranchées, que les auteurs dénotoient par cetteexpression. J’avois répliqué, que le sens en étoit presque toujours si bien déterminépar d’exactes descriptions que les historiens donnent de ces terrasses de sieges, qu’il étoitimpossible de s’y méprendre & d’y substituer les travaux de l’eípece de nos tranchées; 8 cj’ai soutenu cette objection par différens exemples cités dans ma dissertation. II au-roit donc fallu que mon critique, pour défendre le sentiment de Mr. Folard, eût ré-futé mes preuves, en mettant fous les yeux du lecteur d’autres exemples propres à leconvaincre que réellement agger & aggeres au pluriel signifioient aussi des boyaux detranchées. Mais au lieu de se soumettre à cette méthode, il me fait la guerre à touteoutrance sur ce que j’avois dit, osiaggeres agere dénotoit aussi peu creuser des tranchéesque cuniculos agere élever une terrasse, en inférant de ces paroles que faire des tran-chées c’étoit selon moi, ce que les anciens exprimoient par cuniculos agere. Mais ilme paroi t qu’ayant déja assez exactement déterminé la signification de ce que les auteursappellent içíyp*™ & cuniculi , je n’aurois pas dû m’attendre à cette induction du Cheva-lier & à la peine qu’il se donne pour me convaincre d’erreur. Austi le destèin qu’ilme prête d’avoir voulu jetter du ridicule sur le Chevalier Folard par cette antithèse, estaussi peu vraisemblable, qu’est plaisant & superflu le ton magistral qu’il prend en me dé-montrant que cuniculus ne signifie pas une tranchée.
Mon Critique, toujours ingénieux à créer des phantomes pour les combattredans la fuite à son aise, tâche de même de prouver fort proiixement, qu’ aggerem agere ,peut austi signifier faire les épaulemens d’une tranchée austi bien que d’autres travaux, &Cli 75. pour cela il cite un passage de Fauteur de la guerre Alexandrine, dans lequel à l’occasiondu camp que César prit en présence dePsiarnace, le terme d 'aggerem agere est emplo-yé, sans dénoter une terrasse de siégé. Mais qui est ce qui lui conteste cette véritéque la feule inspection de tout dictionnaire latin met dans sb n jour? 11 est connu qu’ag-ger est un de çes mots, comme st y en a dans toutes les langues, dont la signification