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Vol. II.
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DÉFENSE

Il appelle ensuite à son secours d’une maniéré vague, Ve'ge'ce, Ammien Marcellin,Urbicius & Procope. Mais on fait que dans le temps oh ces auteurs ont vécu, onconfondoit déjà presque tous les termes de l’ancienne milice, dont on s’étoit entiere-ment écarté. Le témoignage de Flave Joscphe mérite plus d’attention. Selon monlib. V. eh. Critique cet auteur dit qu'à la défense de la forteresse d'Antonia , les Juifs avoient 300IX- »• machines de celles qu on nommoit Balistes ou grojfes arbalètes <& 40. de celles qui jet-toient des pierres. Mais est-il permis d’essayer d'en imposer aux lecteurs d’une ma-niéré aussi grossière? Josephe dit précisément le contraire & donne aux Juifs 300 cata-pultes & même de la plus grande espece qu’on appelloit comme on l’apprend

lib. j. ch.8. par les architectes, & comme il les caractérise lui même, en les appellant u-ufaMU.

Rien n’est donc íi mal imaginé que d’en faire des balistes ou de grosses arbalètes. Jose-phe dit que les quarante autres machines étoient des balistes , que le terme greclUTtSfithst exprime fans équivoque. On voit ici la même proportion quant au nombre,entre les catapultes & les balistes dont j’aî parlé plus haut.

Polybe poursuit-il ne vante-t-il.pas Û adresse d’Archiméde J avoir pratiqué dansVépaisseur des murs de Syracuse des embrasures pour y mettre les balistes en baterie.Le Chevalier met ici sur le compte de Polybe une incongruité à laquelle il est biencertain qu’il n’a point de part. Car quel esset Archiméde auroit-il pû se promettredes batteries de balistes, derriere un mur dans lequel on n’avoit fait que de petites canonie-res qui n’avoient que huit pouces de diamètre du côté de la campagne. L’auteur grec ditqu Archimede placa derriere ces petites ouvertures, en partie des archers, & en par-tie ces petites machines appellées »•»?*• a>u qui étoient des catapultes de la plus petiteeípece, qu’on appelleroit peutêtre aujourd’hui de groííès arbalètes. Le Chevalier adonc bien mauvaise grâce d’en faire des balistes.

Si Polybe rapporte , que Machanidas dressa à la bataille de Mantînée des batteriesde Catapultes contre la Phalange de Philopoemen, il ne dit rien de contraire à l’effetde ces machines, car on fait par les Architectes, que tirant horizontalement des traits& des pierres, elles tenoient lieu aux anciens de nos canons.

Il s’en faut donc de beaucoup que les argumens que mon Critique a ramassés fanschoix & fans connoissance de cause, renversent ce que les anciens mécaniciens ontétabli par rapport à cette différence essentielle entre les catapultes & les balistes, &il ne paroit pas moins que M. Folard qui s’étoit proposé de nous donner un traitécomplet de la balistique des anciens, auroit dû au lieu de les confondre, se conformeraux déscriptions que les maîtres dans cet art nous en ont données dans leurs ouvrages.Cependant comme il y a des historiens qui ont confondu quelquefois les noms de cesmachines & qu’ils n’en ont pas parlé avec la même précision que les Architectes, jus-qu’à César même, dont il y a un endroit dans les commentaires qui semble en fournirun exemple, j’ai dit dans cette note au fragment d’Arrien qu’en toute rigueur on pou-voir excuser la méprise du chevalier Folard. C’est principalement encore cette remarquequi m’a attiré la critique amere de mon censeur & la maligne accusation de prétendre