Band 
Vol. II.
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des mémoires militaires. m

savoir mieux la dénomination ancienne des choses, que ceux qui les avoient inventées,perfectionnées ou pratiquées. C est, ajoute-t-il, comme si dans les siécles à venir ceuxqui liront les mémoires militaires de Frédéric II. Roi de Prusse, pouvoient siousune vague imputation soupçonner, que dans le détail d’un fiege il eut pu confondre lemortier avec le canon . Cette feule comparaison doit servir de réponse. Mais si lapostérité instruite par les mémoires d’artillerie de Mr. St. Rémi de la distérence qu’il y'aentre les canons & les mortiers, trouvoit dans le récit de quelque siégé, que le Roi dePrusse eût une fois attribué au canon l’esset du mortier, est-il vraisemblable qu’elle ac-cusât Mr. de Saint Rémi d’erreur & de fausseté & qu’elle ne jugeât pas plutôt, fans fairetort à la mémoire du Roi, que ce qui y auroit donné lieu, scroit une faute d’inadver-tance qui échappe quelquefois aux plus grands écrivains, ou une faute du copiste,qui auroit mal copié le Manuscrit? Juste Lipse eut recours à ce dernier expédientpour résoudre cette difficulté, & soupçonna Jules Cesse, d’avoir mal à propos inséré dansle texte le mot de catapulte que César n’avoit pas écrit.

César dit à l’occasion du siégé de Marseilles, que les assiégés se servirent de balistes Bel!. Civ.de la plus grande espece, qui lançoient avec tant de force des solivaux de douze piés de IL î ‘long & armés d’un foc de fer pointu, qu’ils perçoient les quatre rangs de clayes, dontles galeries étoient couvertes, & se fichoient encore en terre. De la maniéré dont Césarnous décrit ici í’effet des balistes, il est certain qu’il ne répond pas à f idée que Philon,

Héron & Vitruve nous en donnent.. Selon eux la baliste. n’ayant qu’un seul bras chassoitles pierres en parabole, comme nos mortiers à bombes & ce n’étoient que des catapul-tes qui pouvoient produire ces coups plongeans capables de percer les galeries & des’enfonçer en terre. Si l’on disoit, qu’on savoir donner également aux balistes la pro-priété des catapultes,, je répondrais qu’il n’est pas vraisemblable, que lorsqu’i! s’agiíîbit delancer des traits dans le plus haut degré de force & de roideur, on ait employé des ma-chines qui par leur mécanisme essentiel n’étoient pas destinées à produire l’esset dontCésar parle ici, d’autant plus que les assiégés avoient des catapultes en abondance..

Lorsque César dit dans la fuite,, qu’on couvrit de terre glaise & de matelats la pla-teforme de la tour de briques ; il ajoute qu’on la mit par là, a 1 abri des. traits & des pier-res qu’on lançoit des machines: Ne aut tela tormentis mijfa tabulationem p ers r ingèrent,.Qutfaxa ex Catapultis lateritium discutèrent. Quoiqu’on ne trouve ici que le termegénéral de tormenta, il paroit assez, vu son opposition à celui de Catapulta,, que fauteurparle des balistes, & qu’il leur attribue ici le même esset qúe dans le passage précédent,savoir d’endommager par des coups plongeans tirés du haut des murs,, la plateformede la tour avant qu’elle fut élevée ; au lieu qu’étant montée à fa juste hauteur, il fal-loit pour la détruire tirer en parabole à ce que dit fauteur, de grosses masses de pier-res, par le moyen des catapultes.. U est donc clair, que f esset que César attribue ici à cesmachines,, n’est pas conforme à la description que les méchaniciens en font, ni aux témoi-gnages des autres auteurs de l’antiquité,, comme je. favois dit pour justifier la méprise duChevalier Folardj a moins qu’on ne suppose avec Juste Lipse, que le mot de catapulte