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Vol. II.
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DEFENSE

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les madriers cloues par deíîiis & par dessous (n. 3.) Cette plateforme reposa au resteen entier sur les quatre murs de la tour, & les deux sablières en croix furent atta-chées en bas, à dessein, à ce que le texte dit, de la suspendre & de l’élever, lorsqu’ilseroit nécessaire.

Ce fut après avoir dûment affermi, cloué & cramponé tout ce poutrage, qu’on em-ploya de la terre glaise & des briques pour élever au dessus de la charpente un pavépropre à résister au feu. On surmonta encore ce pavé de matelats ou de paillassespiquées pour amortir le choc on la chute des groííès pierres lancées par les machines(n. 4.) Tout cela nous représente donc cette plateforme comme très solide, très pesan-te, mais auísi comme très difficile à manier.

II falloit en second lieu pour qu’on put y attacher des rideaux, qu’elle fut assezgrande pour déborder de chaque face l’à plomb des murs. César marque qu’on avoirpris dans cette intention des poutres plus longues que ne l’étoit la largeur de la tour, &n’ayant pas déterminé leur longueur, j’avois conjecturé que ce pouvoir bien être de cinqpieds que ces poutres étoient saillantes à chaque face. Mais en y ajoutant les cinq piedsde l’épaisseur des murs, cette plateforme, dèsqu’elle auroit été élevée de dessus lesmurs, auroit manqué d’appui dans toute fa circonférence, depuis les supports qui étoientaux coins des murs, jusqu’à l’extrémité des poutres. Quoique je sache qu’une malle auísilourde & auísi pesante que l’étoit cette plateforme d’une surface de quarante piés, esttoujours assez fermement appuyée fur une base quarrée de vingt piés, pour qu’aucunepierre de quelque grosseur que les machines l’euííènt lançée, eût pû l’ébranler; il meparoi t pourtant vraisemblable que pour ne pas en augmenter inutilement la masse &pour mieux l’affermir, on n’a pas dû laiílèr saillir l’avant - toit de plus de deux piés oudeux piés & demi. Car il est certain que les ouvriers maçonnant tous en dedans de latour n’avoient pas besoin d’un plus grand espace en dehors.

On attacha aux extrémités des poutres, fur les trois faces opposées à Tennemi, lesrideaux faits de cables d’ancre & tressés en forme de nates. 11 falloit bien que leur lar-geur excédât un peu à cause de l’avant-toit la largeur de chaque face de la tour, &qu’elle eût plus de trente piés. Mais leur hauteur n’étoit que de quatre piés commeCésar le dit expressément (n. Ç.) II n’en falloit pas d’avantage pour couvrir les ou-vriers, & on voit qu’on hauíìâ la plateforme & les rideaux à différentes reprises, pen-dant que les ouvriers montoient avec leur travail d’un étage à l’autre.

En troisième lieu cette plateforme a dû être construite de façon qu’elle ait pu sepreter au méchanismé par lequel on l’élevoit & la tenoit en l’air, pendant que les maçonstravailloient à l’élévation des murs. César le décrit en peu de mots. Turris teclumper fe ipfum prehenjìonìbus ex contignatione primo. fufpendere cic tollere coeperunt •Par les mots per se ipfum César marque fans équivoque, que les ressorts qu’on empîoyoitpour l’élévation de la plateforme, étoient dans la plateforme même6c dans son équilibre;le terme de prehensionibus développe cette idée, en nous représentant ce qu’est en petitle manche à un outil, & dans les grandes masses d’une pesanteur énorme, tout ce qu’on