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Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES. 49 )

de Darcey, & en partie le mont Pevenelle; vers le midi c’est le mont Druaux près deFlavigny ; & entre cette derniere montagne & celle de Menestreux le Pitois du côté del’occident est cette plaine que César évalue à vue d’oeil à 3000. pas.

L’armée de César étoit de dix légions dont il en avoit laisse deux en arriéré pourla garde de ses bagages, & qui ne tarderent pas de le joindre. Sa cavalerie, qu’il avoitdepuis peu augmentée par un bon nombre de cavaliers Germains, étoit austì très nombreu-se. Appien d 1 Alexandrie l’a fait monter à dix mille hommes, & il est vraisemblablequ’elle a été à peu près de cette force, ayant pu tenir tête à celle de 15000. hommesque Vercingetorix avoit assemblés.

César ayant formé le deílèin d’enfermer l’ennemi, commença par s’établir fur leshauteurs qui à ce qu’on a vu, étoient peu éloignées de la ville. Deux légions étoient cam-pées fous les ordres d’Antistius & de Caninius fur la montagne de Menestreux le Pi-tois; il y en avoit autant, ou plus ou moins fur la hauteur entre Sauvigny & d’Arcey furle mont Pevenelle & fur le mont Druaux, selon l’étendue du terrain qu’on avoit à défen-dre. Les camps de ces légions étoient fortifiés chacun séparément, & il n’y avoit cer-tainement rien dans les choix de ces camps qui répugnât aux réglés de prudence & auxbonnes maximes de la guerre. S’il arriva à Oâavius un des Lieutenans de Pompée, àl’occafion du siégé de Salona dans la Dalmatie, qu’étant établi en cinq dissérens quar-tiers autour de la ville, les assiégés -surprirent un de ses quartiers, & attaquèrentensuite avec le même succès les autres, cet accident ne fut pas l’effet de la mauvai-se disposition d’Octavius, comme le Chevalier de Lo-looz le prétend, mais de l’ex-trême négligence de ses troupes. Quum dìuturnitas oppugnationis negligentiores Oc-tavianos effcciffet. César n’avoit rien de semblable à craindre ici, ayant l’ennemi de-vant ses yeux, & ses camps placés avantageusement, & tous si bien fortifiés, qu’ilsétoient absolument à l’abri de surprise & de toute insulte. Si Vercingetorix se fut aviséde mener ses troupes à l’attaque de l’un ou de l’autre de ses camps, quel risque n’auroit-ilpas couru d’être pris à dos & en flanc par les légions qui campoient dans le voisinage, &qui se prétoient du secours les unes aux autres }

Ces camps fortifiés, César ébaucha le premier plan de I’enceinte qu il vouloît em-brasser par ses ouvrages, par l'établisièment de vingt & trois redoutes placées de distanceen distance autour de la montagne que les troupes de Vercingetorix avoient occupée.Ces redoutes n’étoient certainement pas de petits forts de vingt toises seulement de côté,comme mon critique se l’imagine. II y en avoit qui étoient gardées par quatre cohor-tes, c’est à dire par plus de deux mille hommes: Cohortes quatuor ex proxìmo Cajìellodeducity dit fauteur dans la fuite. H est aíïèz probable que bien qu’on rangeât dansce temps l’infànterie fur huit Sc siir dix hommes de profondeur, on n’avoit pas le mêmeintérêt à multiplier les rangs, Iorsqu’on en bordoit les remparts, desorte qu’on peut àpeu près supposer à ces forts le même développement qu’on donne aujourd’hui à un ou-vrage qu’on veut garder avec deux mille hommes. Ces redoutes que Celàr fit fairetci, avoient le même objet, que celles qu’il bâtit dans la fuite aux environs de Durazzo,

Qqq 3

Lsb.m.Bci.

Civ. eh, y.P-k <7*

P»g. 6 j.

Ch. 87.