VES MÉMOIRES MILITAIRES ,i 497
fosse, il ne pouvoit être de durée ; mais César ne vouloir en tirer parti que jusqu’à cequ’il eut perfectionné & achevé ses deux lignes de contrevallation & de circonvallation.La fuite des événemens fait voir qu’il étoit entiereraent abandonné, dans le moment queles Gaulois vinrent attaquer ses retranchemens. -On verra dans le plan ci-joint le dé-veloppement de ce fossé, & on y remarquera encore mieux l’objet & la facilité de sonexécution.
C’eft à l’occaíionde l’emplacement de ce fossé que le Chevalier de Lo-looz me ditbien des injures, & me trouve en contradiction avec les axiomes de fortification &avec le texte. Mais il est évident que n’ayUnt pas daigné saisir mon idée, il ne faitque battre Pair. Si je dis moi-même que ce foíle perdu n’appartenoit pas aux ouvragesque César fit proprement pOur la défense de scs légions, & qu’il ne I’avoit fait que pourprotéger les soldats qui travailloient devant fes retranchemens, pourquoi me prouverprolixement que les machines des anciens ne portoient pas ordinairement à 400. pas &qu’elles ne défendoient pas ce fossé? Je n’ai pqs dit le contraire. Et s’il est décidé com-me il l’est, que ce fossé étoit hors de la portée des machines, comment auroit-il servid’épaulement & de place d’armes à l’ennemi pour masquer fes dispositions? En avoit-ilbesoin dans cet éloignement, & pouvoit-il jamais pendant le jour dérober fes mouvs-»mens à César dont l'armée étoit campée fur les hauteurs?
J’ai dit que César fit garder le terreplein par une partie de fes troupes (pag. 2.Zz.)tandis que le reste de l’armée étoit occupé aux autres travaux, & dans un autre endroit,que de la terre du déblai de ce fossé perdu, on forma un rempart derriere lequel les Ro-mains étoient à couvert des traits des Gaulois. Peut-être qu’on trouvera le terme deterreplein dans le premier passage un peu impropre, mais quel autre que le Chevalier deLo-looz pourroit en conclure que je m’étois imaginé que les troupes étoient postées dansle fond de ce fossé, tandis que je m’en e'tois fi clairement expliqué dans l’autre passageque cite cependant le critique? II faut être bien malin, ou bien dépourvu de bons argu-mens pour avoir recours à de pareilles chicanes.
Une des bonnes preuves que j’avois alléguées de l’éloignement de ce sosie perduétoit la grande facilité avec laquelle Vercingetorix le combla. Mais mon critique pre-.tend que cette facilité n’existe que dans mon imagination. Pour le prouver il cite le pas-sage suivant de César. Priores fojsas expient ; diutius in iis relus administrandismorati , prius fuos difcejjìjfe cognoverunt, quam munitìonilus adpropinquarent , cequ’il lui plait de traduire ainsi. Ils se mirent à combler lavant-fossé: mais il leurfallut pour cette opération un fi longtemps qu!avant de pouvoir arriver j us qu'aux re-tranche/nens des Romains , ils s’apperçurent de Iq, retraite des Gaulois qui attaquè-rent la circonvallation. Ne croiroit-on pas que nom critique fe joue de son lecteuren lui présentant un passage du texte qui n’est pas celui que j’ai allégué en parlant du com-blement de ce folle? C’est dans le chapitre, où César rapporte comment à l’arrivéedu grand secours Vercingetorix sc prépara pour l’attaque des lignes, & où il est dits.Itaque produclis copiis ante oppidum confdunt, & proximam fojfam cratibus ìnte-TomeJVl Rrr