5o 6 DÉFENSE
par de grands cris d’allegresse & d’encouragement. Cependant les Gaulois vaincus nese découragèrent pas.
Le lendemain ils se préparèrent à un aíîàut général. Toute leur armée s’occupaà faire des fascines, des echelles, à ajuster de longues faulx & des crocs pour détruire& arracher les palissades & les défenses du parapet.
La nuit suivante toute l’armée Gauloise sortit du camp & dirigea ses plus grands ef-forts contre cette partie de la circonvallation qui paíloit par la plaine, vis-à-vis de la mon-tagne qu’ils avoient occupée. Vercingetorix excité par les cris de ses compatriotes fitde même une sortie & s’efForça également d’entamer la contrevallation aux endroits oùelle ne paífoit pas par les montagnes. On fit, des deux côtés des efforts inutiles con-tre les préparatifs immenses des Romains qui n’étoient nulle part plus redoutables que dansla plaine. Les troupes de secours rebutées du mauvais succès de leur attaque, quittèrentf entreprise à l’aube du jour, & Vercingetorix ayant long temps lutté contre cette triplebarrière dont on a lu la description, ne s’opiniátra pas non plus à pouíîèr fa pointe.
Le mauvais succès de ces assauts fit remarquer aux chefs des Gaulois qu’ils avoientattaqué les retranchemens des Romains précisément ?ux endroits où ils étoient les plusforts & de la plus grande défense. On envoya dune quelques gens du pays avec desofficiers les plus entendus de leur armée pour alh r reconnoître les lignes dans toute leurcirconférence. 11 leur parut probable que d?* lS une enceinte d une fi grande etendué,& dans un terrain fi inégal, il y auroit des endroits plus foibles les uns que les autres. Eneffet il y en avoit un du côté du Nord montagne ou étoit aílìs le camp des deux lé-gions commandées par Caninius & A'tiíìius. Voici comment César décrit cet endroit :Erat a septentrionibus collis quer- P^op/cr magnitudinem cìrcuitus, opéré circumpleélinon potuerant nojìri , necejfa l °que peene iniquo loco & leniter declivi cafira fectrant.Du côté du septentrion , iìX av0lt une colline, qu'on ríavoit pas renfermée dans leslignes à cause de sa vas étendue, desorteque nos gens étoient danslanécejsité d'ajseoirleur camp dans un ter^ n presqu'entierement désavantageux & fur la pente douce de cettecolline. Nous vcy ons àns la carte conformément à cette description, que la mon-tagne entre Mc^streux le Pitois & Bussi le grand, est trop vaste & trop éloignée du montAuxois, poui-qu’il eût été possible de faire paílèr les retranchemens au-dessus de son som-met; que ù % ne de circonvallation qui bordoit de ce côté le camp des deux légions,n’ayant^ ar cette raison pû être conduite que par la pente de cette montagne, iî en résnl-toit çue l’ennemi, en s’emparant du sommet devoir la commander, & qu’il jouiroit deplantage de faire son attaque de haut en bas, avantage qui ne iêroit pas moins im-portant dans notre maniéré de faire la guerre, & qui l’étoic encore plds chez les an-ciens. Exìguum loci ad declivitatem fastigium magnum, habet momentum, dit César:ìl ne faut qu'une petite élévation fur une pente pour être d'une grande conséquence . C’estdonc d’après cette description qu’on volt le développement des lignes dans mon plan.On y observera mieux que je ne puis dire, pourquoi César ne pouvoir, ni abandonnercette montagne, m 1 embrasser entierement.