DES MÉMOIRES MILITAIRES. f07
Sur l’avis d’une pareille assiette des lieux, Vergasillaunus fut détaché à la tête de 6 o o o oGaulois pour faire l’attaque de ce côté. Quelques éditions ne portent que 55000, maisles bons manuscrits marquent le nombre que j’ai rapporté: Je fuis obligé de toucher cettecirconstance fi peu importante pour repousser le reproche que mon critique me saied’avoir altéré ici le texte. Cet homme qui veut commenter César, ne connoit pas mê-me les bonnes éditions qu’on en a.
Vergafillaunus partit à Pentrée de la nuit & fe trouva à l’aube du jour auprès de cettemontagne. II n’y a point de doute que ce ne fut ce vallon près d’Eringe que la cartede Mr. d’Anviíle ne représente pas fi bien que celle de Caffini, dans lequel il cachales troupes. Cet endroit est le plus propre à s’y embusquer. Vers le midi il monta lahauteur, & Patraque commença selon qu’on en étoit convenu. Commius & les autresGénéraux fe présenterent en même temps en bataille devant leur camp, vis-à-vis des re-tranchemens de la plaine. Ce fut là où toute la cavalerie Gauloise se déploya. Vercin-getorix averti du deílèin de ses compatriotes par leurs mouvemens & par leurs cris, netarda pas non plus à descendre de sa montagne, avec toutes ses troupes pourvues dstout ce qui étoit nécessaire pour Passaut.
Le plus fort de Pattaque fut d’abord du côté de la hauteur, où Vergafillaunus avoîcmené ses troupes qui étoient l’élite de toute l’armée. La supériorité du terrain íecon-doit leur extrême valeur, & facilitoit surtout les moyens de couvrir de fascines lespiégés & les puits, & de combler en peu de temps le fossé. Les efforts qu’elles faisoientdéjà pour franchir le rempart, avoient tout le succès possible. Les Romains étant serrés& vivement pousses de ce côté, César envoya à leur secours Labienus. à la tête de fixCohortes, avec ordre de faire une sortie s’il ne se voyoit pas en état de défendre la ligne.
Vercingetorix ayant également renoncé à Peípérance de forcer les retranchemens dela plaine, s’avisa aussi d’attaquer la contrevaîlation, aux endroits où elle passoit par lescollines; il grimpa à cet effet la hauteur aísez escarpée entre Sauvigny & d’Arcey, queCésar indique par locaprœrupta. II alla à Passaut en désespéré; rien ne Parrêta, & ilarrachait dejà les palissades pour monter au parapet. César averti du risque que ses re-tranchemens couroient d’être emportés de ce côté, y détacha d’abord le jeune Brutus avecíix cohortes, & un de ses LieutenansFabius avec sept autres. II survint lui même avecdes troupes fraîches, & à peine parvint-il à rétablir le combat. Quittant bientôt ceposte pour voler ensuite au secours de Labienus, il fit sortir hors des lignes une grande'partie de la cavalerie, & lui ordonna de tomber à dos des Gaulois, qui fous les or-dres de Vergasillaunus faisoient toujours des prodiges de valeur. En jettant les yeux furla carte on trouvera que ce ne pouvoit être que par le vallon près de Sauvigny où cettecavalerie avoir débouché pour gagner la hauteur du côté de fiussy le grand, & pourprendre de cette maniéré les Gaulois à dos.
Labienus s’etant íoutenû avec une peine infinie contre les efforts de Vergafillaunus,réussit en fin à attirer successivement à son poste jusqu’à trente huit cohortes, auxquel-les l’inaétion de Commius permit d’abandonner les retranchemens de la plaine pour ve-
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