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Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES. 509

Géomètres avoîent établi une différence entre le pas commun, nommé simplement gra-dus par Frontin & par les arpenteurs, & le pas géométrique, & qu’il y avoir trois elpe-ces différentes de chacune de ces mesures, il a gratuitement supposé des auteurs, qui ontpris Tune pour f autre. Mais quel écrivain est aster peu versé dans les écrits des anciens,pour ne pas avoir remarqué en cent occasions, que le terme pajsus employé commemesure itinéraire ou géographique, ne signifie jamais le pas commun. Mon critiquen’avoit certainement pas besoin de réciter sa leçon du rayon total de la contrevallation &de sa proportion à la circonférence, pour prouver que i iooo.pas n’en font pas 6joo.

Cette preuve est très superflue & n’ en vaut pas nombre d’autres que présentent lesdistances des lieux marquées si souvent dans les commentaires de César, vérifiées par laGéographie moderne, & confirmées par d’anciens auteurs, parles Itinéraires & les Mil-liaires, qui nous restent encore de ce temps. Ce n’est certainement pas Végèce, com-me le dit mon savant, qui répand le plus de jour fur la longueur des pas Romains. Onn’étoit pas d’accord fur l’exacte grandeur du pied Romain relativement au nôtre, maispersonne n’a douté que les pajsus de César ne revinssent à cinq de ces piés Ro-mains.

Je ne fuis pas fâché de voir mon Chevalier plaider la cauíè de César, fur le repro-che qu’on lui fait d'avoir fait mourir le brave Vercingetorix après savoir mêné en p«g. y#,triomphe. II paroit pourtant que, si c’étoit un ancien usage que de donner la morta un Roi vaincu & prisonnier, cet usage n’en est pas moins barbare & cruel, & queCésar avoit aster de pouvoir pour s’en écarter. Il est au reste vraisemblable que DionCastius n’auroit pas avancé ce fait fans en avoir de bons garans.

CHAPITRE X.

De la Bataille de César contre Labienus. r*g-7 a *

Hirt. de Bel. Afric. Ch. i z. &c.

J ’avois entrepris dans mes mémoires d’expliquer le récit que Hirtius fait d’une pre-mière affaire de César avec Labienus, arrivée d’abord après son débarquement enAfrique. Dion Caillas qui la rapporte aussi, dit que César y fut battu & qu’il perdit beau- Hist.XLIU.coup de monde. On est presque tenté de soupçonner Hirtius souvent trop zélé partisan *•de la gloire de César, d’avoir cherché à déguiser les circonstances de cette défaite, & demettre furie compte de fa partialité l’obícurité ou plutôt le laconisme de sa narration. IIest du moins certain que César, ainsi que le dit Dion, se trouva inopinément dans undanger éminent, qu’il fut réduit à de grandes extrémités, & qu’il eût besoin de toutson savoir faire pour s’en tirer.

Hirtius en rapportant les manœuvres que César fit faire à ses troupes, & auxquel-les il prétend qu’il dut son salut, n’explique pas, de quelle maniéré ces manœuvres extra-ordinaires furent exécutées. J’osois y suppléer par des conjectures, toute fois en lesfondant fur des combinaisons que le texte autorisoit, & sur des notions qu’on a de la tac-

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