DÉFENSE
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tique des anciens Romains. Le Chevalier de Lo - looz me reproche fort aigrement lahardiesse que j’ai eue en cette occasion ; mais lorsqu’il imagine lui-même un ordre de ba-taille, différent du mien, il n’ajoute pas seulement comme moi au texte, mais il y con-tredit, & s’en écarté entier ernent, ce que je ne fais pas.
Je présenterai au lecteur la narration dc Hirtius, pour le mettre en état de juger denotre diffèrent. Mon critique l’a paraphrasé a sa maniéré, en fourrant dans sa para-phrase ses conjectures & ses fausses interprétations. II est à souhaiter pour le bien de lalittérature militaire, que cet auteur n’exécute pas le projet de paraphraser dans cegoût les commentaires de César. Rien ne feroit plus de tort au progrès des connois-sances dans l’art de la guerre des anciens, que l’existence d’un pareil ouvrage.
Voici les paroles de Hirtius rendues en françois auísi sidellement qu’il a été possi-ble *).
„César n’étoit encore qu’à environ trois mille pas de son camp, lorsque ses pa-trouilles & les cavaliers de son avantgarde vinrent lui annoncer, que ce n’étoit pas„de fort loin qu’ils avoient vû les troupes de l’ennemi. En effet on vit s’éléver au mo-ulent même une épaisse poussière. La chose n’étant donc pas douteuse, César expé-„dia ses ordres au camp pour en faire venir promptement toute la cavalerie, qui„pour fors n’étoit pas bien considérable, ainsi que les archers, dont il n’y avoit qu’un„petit nombre qui savoir suivi. Ayant ensuite ordonné à ses légions de se ranger en,,bataille & de le suivre au petit pas, il prit les devants avec une petite troupe. D’aussi„loin qu’il apperçût l’ennemi, il sit mettre le casque en tête à ses soldats, & se pré-„para au combat. II n’avoit alors que trente cohortes, quatre cens chevaux &„i J o- archers.,,
Ici la narration de Hirtius est aster claire & suivie. César, étant sorti du camp avectrente cohortes dans le defíèin de fourager, & fans s’attendre à avoir l’ennemi furiesbras, n’étoit accompagné que de 40 c. cavaliers & de x 50. archers. Mais ayant desavis sûrs de l’approche des ennemis, il fit inceílàmment venir du camp toute la cava-lerie Equitatum universutn & ses archers. R y avoit 2000. chevaux d’embarqués en Si-cile, & tous ses transports étoient arrivés. Je ne fais pas pourquoi le Chevalier deLo-looz veut que cet ordre arriva trop tard au camp, & que cette cavalerie ayant trouvéla campagne remplie d’ennemis ne put pénétrer jusqu’à l’armée. On voit cependant par
*) Cap , XII. Bel Afr. Intérim , quum magnam sagittarios , quorum paraus nume-iam Cœfar progrejjiis ejjet a cafiris circiter mil- rus ex castris exierat , arcejjl, atque ordiwlia pajfuutn III, pcr spéculât or es & antece/Jò- t im signa se leniter consequi: ipse antecedereres eqtdtes nunciatur ei, copias hostium haud cum paucìs armatis. Jamque quum procullonge ab sese visas. Et hcrcule cum eo nun- koftis conspici poset, milites in carnpo jubettio pulvis ingens conspici coeptus eft, Hac re galeari, es ad pugnam parari: quorum nu-cognita , Casai' celeriter ìubet equitatum uni- merus fuit cohortium XXX. cum equitibus CD*versttm, cujus copiant habuit in prascntìa non & sagittariis CL,