DES MÉMOIRES MILITAIRES.
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Labienus à un soldat de la dixième légion, dont l’objet étoit d’intimider les troupes, &la réponse fière de ce le'gionaire. Mais comme cet épisode ne fait rien au sujet j onl’omettra. II dit à la fin de ce chapitre : *) „ Cependant tous les esprits étoient effrayés,„sur tout les nouvelles recrues. Tous avoient les yeux fur César & ne firent plus rie»„ qu’esquiver les traits des ennemis. ” II poursuit sa narration :
,, César ayant pénétré le dessein de l’ennemi ordonna à ses troupes de prolonger„la ligne autant qu’il leur seroit possible, & aux Cohortes de faire alternativement„un demi tour, de façon que Pune se trouvât derriere, & P autre devant les enseignes.„I1 sépara donc avec íà droite & avec sa gauche Penceinte de l’ennemi par le milieu, Hc„Payant ainsi divisée, il la chargea avec sa cavalerie en dedans & avec Plaisanterie,„qui mit P ennemi en déroute à coups de Pilons. Mais ne s’avancant pas fort loin„de crainte de quelque embuscade, il revint sur ses pas joindre les siens. L’autre„ partie de íà cavalerie & de son infanterie .en fit autant. Après cet exploit, & ayant„repoussé & fort maltraité Pennemi, il reprit le chemin de son camp, en ne clian-„ géant rien dans fa disposition. "
C’est dommage quel’auteur, après avoir conduit íà narration avec aííèz de détail& de clarté jusqu’au dénouement, devienne tout à coup fi laconique, & qu’il renfermeen si peu de mots, le récit de plusieurs manœuvres toutes également intéressantes &difficiles. Qu’on se représente principalement les trente cohortes de César rangéesfur une feule ligne, attaquées & pressées vivement, & presque entierement envelop-pées ; & que l’on se figure en même temps cette ligne qui étend son front en présencede Pennemi au point de rompre & de couper par le milieu Penceinte que íà nombreusecavalerie avoir formée autour d’elle: Qu’on réfléchisse ensuite aux autres manœuvres del’infanterie & de la cavalerie exécutées selon Hirtius après cette extension de front, & onavouera, qu’il y a du merveilleux & de Pextraordinaire dans tout ce-ci. L’auteur enne marquant pas de quelle maniéré & par quelles évolutions, on vint à bout de cesgrands changemens de la ligne, ouvre un vaste champ aux conjectures. Ce seroit abu-ser & du tems & de la patience du lecteur que d’en proposer qui paroitroient contre-dire le texte & les élémens de la tactique. ■ Mon critique m en accuse & prétend avoítmieux rencontré la vérité. Mais voyons qui de nous deux a raison.
•j ck. XP7...... . Omnium t amen ani-
mi ia t errer em conjcélì , ífi maxime tironum ,ctrcumfpiare Ctjaretu, neque amplius facere ,uifi hofiiam iacula vitare.
Cap. JVif Casar intérim , covfilio hofiiumeognito , iubet adem in longimdinem quam ma-ximum porrigi, df alternis converfis cohorti-bns, ut una pofi aîteram ante figna tendes et:Itaceromtn hofiium dextro finifiroqae cornu
mediam dividit; wtatn partem ab altéraexclufam, equitièus intrinfieus adortui, cumpeditatu t élis eonjeBis in fugam vertit: ne-que Imigiiu progrefius, Veritas infidias, fi adJuos recipit. Idem altéra pars equitum pe*àitumque Gejàris facit. His rébus gefiis , asprocul hofiibus repiûfìs convulneratisque , adftia prafidia fife, fiait erat infiruclus , recìpe-re coepit.
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