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Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES. *i 9

leurs rangs, a cru y remédier, en faisant remplir les vuides parles deux rangs du mi-lieu , de façon que chaque cohorte, au lieu de Ço hommes de front & io de profon-deur, en auroit eu 6 2 de front & 8 de profondeur. II me semble, je l’avoue, qu’avoirrecours à de tels expédiens, c’est perdre un peu le droit de traiter de roman les con-jectures des autres.

Considérant donc que les Cohortes ne pouvoient pas en présence de Pennemi luiprêter les flancs, ni ouvrir la ligne fans courir le plus grand risque, & qu’étant entou-rées, elles étoient dans la nécessité de faire face de deux côtés, j’ai crû, qu’il ne leurrestoit d’autre ressource pour prolonger la ligne fans altérer le front, que celle d’y em-ployer des troupes des rangs du milieu on du centre de leur profondeur. Les supposantainsi rangées fur neuf rangs, j’ai dit en conséquence de cette idée, que César ordonnaaux trois rangs du milieu de faire un à droite & un à gauche vers les ailes, de sortir desflancs, & de s’alligner, à mesure qu’elles débouchoient, aux rangs qui faisoient front,pour prolonger ainsi successivement la ligne, défilant toujours derriere ceux qui s’étoientdéjà allignés, & s’allignant à leur tour.

Cette manœuvre ni impraticable, ní contraire à Pordonnance de la légion pouvoít«'exécuter fans déranger les deux faces opposées à Pennemi, & fans lui donner la moin-dre prise. On prolongea la ligne uniquement aux dépens de la profondeur, & onpouvoít le bazarder fans risque; car ayant à faire à des cavaliers Numides, & à desgens qui lançoient des traits, & dont la maniéré de combattre n'étoit pas propre à en-foncer & à percer Pinfanterie, la profondeur de. neuf ou de dix rangs étoit plutôt àcharge qu’avantageufe. Moyennant ces évolutions on pouvoít donc réussir à étendred’un tiers le front de la bataille, & si l’on croit que ce tiers d’extension ne remplit -pasencore toute Pétenduë de ce que Hirtius nomme Longitudes quam maxima , on pourroitsuivant cette méthode admettre Pécoulement de plus de trois rangs & prolonger encored’avantage la ligne.

II falloit bien que le Chevalier de Lo-Iooz qui s’étoit mis en fiais d’un nouvel or-dre de bataille, décidât, que les évolutions , que je supposé, étoient contraires aux grandsprincipes de la Tactique des Romains , & qu'elles n ont dans aucun instant , ni la soli-dité ,, ni la simplicité, ni la légèreté qui peuvent seules ajsûrer le succès d'une manœuvrede guerre. Mais voyons de quelle maniéré il le prouve. Cette contremarche lente dcM. G. dit-il, n’est que la copie de la manœuvre dont se servit Cléandridas pour éten-dre le front de la Phalange dans une lataille contre les Leucaniens, & c est uneanecdote que Folard lui a fournie. Mais cette manœuvre n’est pas plus lente que cellequ’il y substitue, suppose que les Cohortes ayent prolongé la ligne aussi loin que Hirtiusk dit expressément, Sc comme d après le texte même, on fut aux mains depuis onzeheures jusqu’au soir, l e temps ne manqua pas pour l’exécuter. Je n’ai pas non plus ti-ré l’idée de cette manœuvre de l’exemple de Cléandridas rapporté dans les Commentairesde Folard. En consultant Polyen qui l’avoit fournie au Chevalier, j’aurois nécessaire-ment trouve qu’il ne s’y agit point du tout d’une évolution semblable à celle que j’inctí-

Stntag.

Lib II.Ch. io.