Band 
Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES.

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On dira peut-être qu’au moment que les cohortes partirent de côté & d’autre, lacavalerie s’écoula dans l’intervalle qui s’ouvrit entre les deux lignes, pour occuper enpetites troupes derriere les- Cohortes les vuides qu’il y avoit entre elles. Mais ils meparoit que cette manœuvre ne répond pas assez à la rapidité & à l’impétuosité de lacharge que Hirtius dépeint, & qui dans le moment même qu’on la commença, a dûêtre soutenue & exécutée par l’infanterie & par la cavalerie conjointement, uno iclu.comme dit Hirtius dans la fuite. Je crois donc que dans l’instant même que les cohor-tes firent le demi-tour, la cavalerie partit aussi des ailes, & qu’elle défila avec toutela vitesse possible par devant le iront des deux lignes pour se plaçer successivement de-vant les intervalles marqués par le changement de front. Le Chevalier de Lo-looz serecrie contre cette manœuvre comme impratiquable & dangereuse : mais je lui répliquéqu’on ne voit pas l’impoífibilité de son exécution, lorsqu’on se représente en premierlieu, que la cavalerie en partant des deux ailes, n’avoit à parcourir qu’un espace demille toises, la moitié de l’étendue de la ligne, pour occuper successivement les inter-valles qui étoient à leur portée, & en second lieu, que l’infanterie légionaire impri-moit trop de respect aux Numides, pour que ceux-ci eussent osé attaquer la cavaleriedans l’instant qu’elle passa rapidement devant le front des Cohortes, d’autant plus quele gros des troupes de Labiénus étoit à un certain éloignement de l’armée pour formerl’enceinte. Mais de quelque maniéré que la cavalerie de César soit parvenue à remplirle vuide entre les cohortes, il est toujours bien certain que dès le moment qu’elle futà fa place, elle alla furie champ & conjointement avec l’infanterie charger 1’ennemi.Le Chevalier de Lo-looz en laislànt cette cavalerie en crochet aux ailes, & íur la défen-sive entre les deux lignes, a forgé un ordre de bataille très beau fur le papier, mais ilest évident qu’il est en contradiction manifeste avec le texte & avec les circonstancesoh se trouvoit pour lors César.

On a vû que j’appuye entre autres mon sentiment sur ce que Hirtius dit : Cohorti-lus equitibus circumdatis imperat ut uno iclu contenderent. Que je rends par les co~hortes étant partout flanquées de cavalerie il leur ordonna déaller à la fois ou conjoin-tement à la charge. Mais mon critique veut que cela signifie simplement que la ca-valerie & les Cohortes enveloppées de toutes parts eurent ordre de faire une déchargegénérale . Mais pour se convaincre de la fausseté de son interprétation on n’a qu’à faireattention à la situation de César, au moment où Hirtius en parle ainsi. Ce fut lorsqu’a-près avoir entierement repoussé l’ennemi, les cohortes retournèrent au camp dans la mê-me disposition que César leur avoit fait prendre au moment de l’attaque, & que Petreius& Pilon etant survenus avec de nouveaux renforts, engagerent Labiénus à revenir àla charge & à recommencer le combat. Pour lors, loin d’attendre que l’ennemi l’eut en-veloppé de nouveau, César ordonna à sa cavalerie & à son infanterie de Ini marcher d’a-bord sur le corps. Ce n’étoit donc pas par rapport aux Numides que Hirtius dit: Co -hortibus equitibus circumdatis , parcequ’en cette occasion ils n’avoient pas encore enve-loppé ses troupes. Qn n a pas même besoin de retrancher la conjonction que dans equí-

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