DES MÉMOIRES MILITAIRES. ^7
de Hirtius pour être celle qu’on rencontre à une petite distance de Suse dans le Royau-me de Tunis *).
Au milieu de cette plaine e'toit la ville d’Uzita occupée par une bonne garnison del’armée de Scipion dont le camp e'toit astis près des montagnes à quelque distance decette place. CeTar en venant de Ruspina entra dans ce bastìn & on ne pensa d’abordqu’à s’e'tablir fur les hauteurs. Après bien des mouvemens & des combats, il formale projet de mettre le íìege devant Uzita en présence de l’ennemi, & estant pour ceteffet descendu des hauteurs, il tira depuis leur pied, au travers de la plaine jusqu’àla place, deux lignes entre lesquelles il fit camper une partie de son armée. Lestravaux contre la place étant déjà astèz avancés, Scipion crut qu’il étoit de son devoird’en empêcher les progrès par toutes sortes de moyens. II s’avisa entre autres de mar-cher avec toutes ses troupes jusques près de la ville, & de s’y mettre en bataille à unepetite distance des retranchemens de César, choiíìstànt toute fois une position si sûre & siavantageuse que l’ennemi ne pouvoit jamais l’entamer fans courir risque d’être défait.Par cette démonstration il força César à rassembler également ses troupes, tant pour nepas paroître décliner le combat, que pour soutenir ses établiffemens dans la plaine. Cé-sar avoit grande envie de combattre, & en chercha les occasions. Mais Scipion suivantles conseils de Caton les évita, & tacha de tirer la guerre en longueur. II falloir met-tre le lecteur au fait de ces circonstances pour qu’il fut en état de conçevoir les vraismotifs de la conduite des deux Généraux & l’esprit de leurs dispositions.
Scipion rangea son armée en bataille entre Uzita & les montagnes. Sa gaucheappuyée contre la ville en étoit puissamment protégée ( i.). J’ avois crû qu’ilétendit fa droite jusqu’à une petite distance des hauteurs, pour mieux asturer fa posi-tion (z.). Mais comme on ne fait pas exactement qu’elle étoit l’étendue du terrainentre les hauteurs & la ville; comme la ligne de Scipion en débordant toujours celle del’ennemi, n’avoit pas besoin d’appui de ce côté là, & ce Général ayant surtout placéUn grand corps de fa cavalerie à mille pas de cette aile dans le dessein de l’employer àpaster pendant faction entre ces montagnes & l’armée, pour tomber en flanc & a dosde l’ennemi, j’ai marqué à présent plus d’eípace entre cette droite de Scipion & les mon-tagnes, que je ne l’avois fait dans le plan inféré dans mes mémoires.
Cependant le principal avantage de la position de Scipion lui venoït devce grandravin qu’il avoit devant tout son front ( 3.). Ce fut ce même ravin qui l’enhardit à s’a-vancer si près de l’ennemi, & qui le détermina,, au lieu de ranger ses légions fur troislignes, à les mettre toutes fur un grand front, sachant bien que César ne s’aviseroítjamais de franchir ce ravin en la présence, & que dans le dessein oh il étoit de rester furla défensive il lui importoit plus de présenter a l’ennemi une ligne d’une grande éten-due capable de le déborder, que de donner beaucoup de profondeur à son ordre debataille.
*} ïiic campas mirabili planiste patet milita pajsuum Jsff. cjuem jugum ingens a mari ortum , negutlù & prœalcum , vcluti Tlicatri efîicit Jpecúm .
Voyez t«pian XVI,
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