DÉFENSE
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Il est étonnant qu’une circonstance aussi essentielle que l’existence de ce ravin, entreles deux armées non seulement ait échappé aux yeux de mon critique, mais qu’il me re-proche même aigrement, de savoir exprimé dans mon plan. Ce ravin est de son imagi-nation, dit-il, le texte rien dit mot, au contraire on doit conjecturer d’après Hir-tius qu’il ríy en avoit pas. Mais le Chevalier auroit il méconnu dans ce que dit Hir-tius la signification du mot latin supercilium, & superciliurn quoddam excelsum nacli” non longe a Cassa ris castris aciem constituunt atque ibi confistunt. C’est précisé-Virgil. ment ce mot de supercilium , sourcil en françois, qui dans le sens figuré est employéG i°o8 1 P^ us â'une fois par les auteurs latins pour indiquer un lieu élevé dont la crête borde unEcce super- fond. Hirtius dit encore exprefíêment que l’assiette de la ville d’Uzita ne forma pas leciiio divosi f eu l obstacle qui empêcha César d’attaquer l’ennemi; mais que ce fut surtout un certainianTeUck' terrain difficile & embarassé qui étoit devant le front de Farinée de Scipion, qui ne per-mit pas d’en venir aux mains. Prœterea hœc quoque causa eum tardavit, quod eratlocus quidam perimpeditus ante aciem Scipionis , quem fuis impedimento ad ultroconcurrendum fore existimabat. En combinant même la description que fait Hirtiusdu basfond auprès de la ville, (ch. 51.) de ce vallon qui coupoit la chaîne des mon-tagnes, (ch. 50.) & de ce poste pris de l’autre côté de ce vallon, (4.) avec les circon-stances qu’il rapporte de l’aîle droite de Scipion, prolongée jusques vers le dit poste deCésar, & des obstacles invincibles qui empêchoient les troupes de part & d’autre de sejoindre, je me fuis vû aster en état de dépeindre dans mon plan av.ec toute la vrai-semblance possible, le terrain qu’occupoient les deux armées & le grand ravin qui les sé-paroit. Mais que peut-on íè promettre d’un homme qui íè mêle de tracer des ordresde bataille fans avoir la moindre idée, soit du terrain soit des circonstances les plus essen-tielles qui y ont eu rapport?
L’armée avec laquelle Scipion tenoit tête dans cette occasion à César, consistoit enhuit légions de troupes Romaines, & en trois légions que le Roi Juba avoit ammenées :il faut de ces onze légions en décompter une qui étoit restée au camp, & six cohortesdétachées dans la Gétuiie, de forte que Finfanterie régulière n’alloit pas beaucoup audelà de neuf légions. Mais le Général Républicain avoit en abondance des troupes lé-geres de toute espece. II avoit encore sous ses ordres plusieurs Eléphans & une cava-lerie très supérieure à celle de César.
Selon Hirtius Scipion rangea toutes ses légions fur un seul front, & sur une seuleligne ( 5. ). II ne mit pas de cavalerie à la gauche où la ville couvroit fa position, maisfeulement la moitié de ses Eléphans ( 6. ), l’autre moitié de ces animaux, étoit placéeà Faile droite, OU fa nombreuse cavalerie à brides fe trouvoit aussi rangée en bataille (7.)Il avoit formé derriere ce grand front une seconde ligne toute composée d’Infanterielégere qui en s étendant d’une extrémité de la ligne a Fautre, n’étoit selon Fauteur quesur peu de profondeur ( 8- )- A environ mille pas de fa droite il posta au pisd des mon-tagnes ía cavalerie Numide jointe à un nombreux corps d’infanterie légere, (9.) avec or-dre de ne marcher en avant pour fe j errer fur les flancs & íùr les derrières des Ro-mains,