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Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES. 52.9

mains, qu’au moment que le combat seroit engage'. J’avois crû satisfaire au sens desparoles de Hirtius, en plaçant cette troupe, dans le plan qu’on trouve dans mes mémoi-res, plus en arriéré qu’on ne la voit dans celui du Chevalier, vû qu’il ne paroit pasd’après les notions qu’on a du terrain, qu’il restât encore assez d’espace pour souffrir cetemplacement à une distance de mille pas à côté de l’armée, qui en occupoit du moinsprès de huit mille. Je rendrai raison dans la fuite de ce qui m’a engagé à déterminer leposte de ces troupes de la maniéré exprimée dans mon nouveau plan.

Le Chevalier s’est conformé au reste quant à Tordre de bataille de Scipion, à l’ex-plication que j’ai donnée des paroles de Hirtius : mais je ne conçois pas pour quelle rai-son , il attribue aux légions du Général Républicain un ordonnance différente de cellesde César qu’il range, les premieres par Phalanges & les autres par cohortes, tandisqu’il est certain qu’on suivit à cet égard les mêmes principes dans les deux armées; &pourquoi ayant dit que chacune de ces légions n’occupoit en bataille que 438. pas defront, elles n’en ont qu’un peu plus de 300. dans son plan. A quoi bon en imposer aulecteur par des échelles, &par l’apparence d’une exactitude superflue dans des plans de cet-te espèce, lorsqu’on ne se soucie pas d'observer les dimensions les plus faciles à exprimer?

Je viens à présent à Tordre de bataille de César bien plus inter estant & bien mieuxdétaillé par l’historien que celui de Scipion. Mais avant d’entrer dans ce détail je fuisobligé de repousser l’imputation de deux fautes dont mon critique me charge. On litdans mes mémoires que l’armée de César coníistoit en dix légions, dont l’une étoitrestée au camp ù environ jooo. hommes de cavalerie ; je me serois exprimé plus claire-ment en disant & à peu près en 3000. hommes de cavalerie. Mais quel autre qu' unChevalier de Lo-looz conclura de ces paroles, qu’on laiíîa selon moi, ces trois millecavaliers en arriéré dans le camp, au lieu de les ranger en bataille avec le reste de l’ar-mée? II avoir pourtant vû dans mon plan le poste que César assigna à cette cavaleriedans Tordre de bataille, & lû dans mon exposé la discussion des motifs qui Tavoient en-gagé à le lui donner. A quoi bon m’enseigner que la cavalerie ríest faite que pour l «plaine & non pour défendre les fortifications. N’est-ce pas là Tabus le plus honteuxdu rôle de défenseur de Mr. Folard dont le Chevalier s’est chargé?

L’autre objection presqu’aussi frivole que la premiere, regarde le nombre des dixlégions dont j’ai dit, que Tinfanterie de César étoit composée. Il prétend qu’il en avoitdouze à ses ordres, parceque dans Tordre de bataille il est fait mention d’une septièmelégion qui selon lui ne fut débarquée qu’après T arrivée des dix autres. Mais si lsChevalier savoir que par rapport à Texpreffion des chiffres, les manuscrits des com-mentaires de César différent presque tous les uns des autres, je ne crois pas qu’il en tirâtun argument pour détruire le témoignage le plus décisif du même auteur. Hirtius néparle donc que de deux transports, chacun de deux légions qui étoient arrivées en Afri-que depuis le passage même de César qui n’en avoit embarqué que six, jusqu’au jour où lesdeux armées se mirent en bataille; & encore n’est-il pas décidé si ce qu’il dit dans lafuite ( ch. 6 z.) du transport de deux autres légions ne regarde pas les circonstances deTome IV. X x x